session parlementaire clé au Bénin : deux projets de loi examinés ce vendredi
Les députés béninois de la 10ᵉ législature se retrouveront ce vendredi dans l’enceinte du Palais des Gouverneurs pour une séance plénière exceptionnelle. Deux textes législatifs, soumis à une procédure accélérée, figurent au menu de cette rencontre : un projet de budget rectificatif pour 2026 et une révision de la loi encadrant le Médiateur de la République.
Des projets de loi prioritaires pour adapter l’action publique
La Conférence des présidents a validé ce calendrier serré afin de permettre un examen et un vote rapides de ces deux textes, jugés urgents. Cette accélération répond à la nécessité d’aligner rapidement les politiques publiques sur les nouvelles orientations définies par le président Romuald Wadagni, en poste depuis peu, et sur la configuration gouvernementale issue de son arrivée.
Le projet de budget rectificatif porte le budget général de l’État de 3 783,984 milliards à 4 086,620 milliards de FCFA, soit une hausse de 8 %. Cette révision s’inscrit dans un contexte où les priorités sociales et économiques nécessitent une adaptation des dépenses publiques.
Budget rectificatif : croissance maintenue et réallocation stratégique
Les projections macroéconomiques restent stables avec un taux de croissance fixé à 7,5 %. Plusieurs ajustements notables ont été opérés :
- Charges de personnel : une réduction de 9,8 % est enregistrée, sans pour autant remettre en cause les recrutements prévus ni les dépenses liées aux biens et services.
- Recettes budgétaires : une progression de 2 % est anticipée.
- Dépenses d’investissement : une augmentation de 8,5 % est prévue pour soutenir les projets structurants.
Cette loi de finances rectificative marque une orientation résolument tournée vers les priorités sociales. Plusieurs mesures phares ont été intégrées :
- Renforcement de la protection sociale et du capital humain, avec notamment l’installation de points d’eau dans les écoles et centres de santé.
- Accélération du programme de supplémentation nutritionnelle pour les mille premiers jours de vie.
- Renforcement de l’assurance maladie obligatoire et prise en charge des enfants en situation de rue ou de mendicité.
- Généralisation de la gratuité des frais de scolarité pour les filles du secondaire général dès la rentrée 2026-2027.
- Lancement d’un programme de construction de magasins pour les cantines scolaires.
Sécurité, santé et infrastructures : des crédits en hausse
Le gouvernement alloue des moyens supplémentaires pour consolider la sécurité intérieure, avec un accent mis sur le déploiement de systèmes de vidéoprotection dans les grandes villes. Les secteurs de la santé et des infrastructures bénéficient également d’un soutien accru :
- Renforcement des crédits du Programme d’investissements publics pour la construction et la réhabilitation d’hôpitaux et de dispensaires.
- Mise en service du Centre hospitalier international de Calavi.
- Réalisation d’ouvrages d’assainissement et de transport.
Face à la hausse des prix due aux tensions géopolitiques, l’État prévoit également des subventions pour les intrants agricoles, afin de soutenir la productivité et d’assurer la sécurité alimentaire nationale.
Une séance parlementaire aux enjeux multiples
Cette séance de ce vendredi s’annonce comme un moment décisif pour le Parlement béninois. Au-delà des implications financières du collectif budgétaire, elle envoie des signaux politiques et sociaux forts, reflétant les priorités du nouveau gouvernement.
Joseph Fifamin Djogbénou, président de l’Assemblée nationale, et Romuald Wadagni, président de la République, incarnent cette dynamique de réformes et d’adaptation aux défis actuels.
