Shanda Tonme : une analyse sans concession de la gouvernance camerounaise

Shanda Tonme : une analyse sans concession de la gouvernance camerounaise

Le Médiateur Universel, président de la Commission indépendante contre la corruption et la discrimination (COMICODI), président du Mouvement Populaire pour le Dialogue et la Réconciliation (MPDR), dresse un constat sans appel sur la situation politique actuelle. Ses propos, d’une franchise rare, révèlent les tensions profondes qui traversent le Cameroun.

Armand Djaleu
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Pour le Pr Shanda Tonme, le Cameroun ne doit pas être réduit à des logiques claniques ou partisanes. « Il n’y a ni village ni tribu ni clan ni ami dans cette logique. Il n’y a que le Cameroun et il n’y aura que le Cameroun pour l’éternité », martèle-t-il.

Un défi existentiel pour la nation

Le Cameroun traverse une crise politique et morale sans précédent. Les dérives du système, la corruption endémique et les rivalités d’influence menacent la stabilité du pays. Le Médiateur Universel insiste sur l’urgence d’un nettoyage profond des institutions, loin des compromis douteux et des réseaux toxiques qui ont gangrené la gouvernance.

La question n’est plus de savoir si un changement est nécessaire, mais comment l’opérer sans plonger le pays dans le chaos. Faut-il privilégier une réforme superficielle, avec des acteurs aux mains sales, ou une refonte radicale, portée par des personnalités intègres et patriotes ? La réponse, selon lui, est évidente : il faut rompre avec les vieilles habitudes et construire des institutions solides.

Jamais un dirigeant n’a été confronté à une situation aussi complexe que celle que traverse actuellement le président Paul Biya. Arrivé au pouvoir dans un contexte prometteur, il a dû faire face à des trahisons et des dérives de la part de ses proches collaborateurs. Pourtant, sa longévité au pouvoir ne doit pas occulter les défis immenses qui pèsent sur le Cameroun.

Le président Biya a démontré une capacité rare à endurer les pressions et à maintenir une certaine stabilité. Mais la patience, aussi vertueuse soit-elle, a ses limites. Les attentes des Camerounais sont immenses : ils réclament des institutions fortes, des dirigeants intègres et une gouvernance transparente. Les scandales, comme celui d’un président de conseil d’administration demandant des centaines de millions pour rénover sa résidence personnelle, illustrent l’ampleur de la tâche.

Comment naviguer dans un environnement aussi hostile sans se perdre ? Le temps est un allié précieux, mais il exige des sacrifices et une vision claire. Les traîtres, qu’ils soient explicites ou cachés, doivent être identifiés et neutralisés. Il n’y a pas de place pour les intouchables dans ce combat pour l’avenir du Cameroun.

Les prochaines générations jugeront les décisions prises aujourd’hui. Le Cameroun n’est pas une propriété privée, mais un héritage collectif. Il n’y a ni village ni tribu ni clan ni ami dans cette logique. Il n’y a que le Cameroun et il n’y aura que le Cameroun pour l’éternité.

Affirmer que le temps presse est une erreur. Le destin d’une nation ne se construit pas dans l’urgence, mais dans la persévérance et la détermination. Les défis sont immenses, mais la volonté de réussir l’est tout autant. Le Cameroun mérite mieux que des demi-mesures et des compromis douteux. Il mérite une gouvernance exemplaire, au service de tous ses citoyens.

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