Gabon : la BAD mise sur l’eau, l’électricité et l’agriculture pour booster le développement

Libreville, – Le Gabon et la Banque africaine de développement (BAD) viennent de franchir une étape décisive dans leur collaboration. Lors d’un entretien à Libreville, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a échangé avec Sidi Ould Tah, son homologue à la tête de la BAD, pour définir de nouveaux axes stratégiques centrés sur des projets concrets et transformateurs.
L’objectif est clair : donner une nouvelle impulsion aux financements extérieurs afin qu’ils se traduisent par des améliorations tangibles pour la population gabonaise. Deux domaines prioritaires émergent avec force : l’accès à l’eau potable et à l’électricité, ainsi que la modernisation du secteur agricole. Ces enjeux, directement liés au quotidien des Gabonais, sont également déterminants pour renforcer la compétitivité économique du pays.
L’eau et l’électricité, piliers d’un développement inclusif
L’amélioration des infrastructures hydrauliques et énergétiques s’impose comme une priorité nationale. Le Gabon fait face à une demande croissante en services essentiels, tandis que les populations subissent régulièrement des coupures et des pénuries. Face à ce défi, la BAD a réaffirmé sa volonté d’accompagner Libreville dans la réalisation de projets structurants.
Parmi les pistes évoquées, le renforcement de l’approvisionnement en eau à partir du fleuve Komo figure en tête de liste. Ce projet, aligné sur les orientations des autorités gabonaises, nécessite une mobilisation coordonnée des acteurs techniques, des investisseurs et des opérateurs locaux. L’enjeu ne se limite pas à la construction d’infrastructures : il s’agit de garantir un accès durable à une ressource vitale, tout en améliorant la qualité et la continuité du service rendu aux citoyens.
Cette démarche vise à transformer une ressource disponible en un levier de développement social et économique. Les discussions ont également porté sur des mécanismes innovants pour sécuriser les financements et optimiser la gestion des réseaux, afin d’éviter les gaspillages et les inefficacités.
Autosuffisance alimentaire : un impératif économique et social
Le secteur agricole, deuxième axe majeur de cette rencontre, cristallise une ambition forte : réduire la dépendance du Gabon aux importations alimentaires. Aujourd’hui, le pays importe une part significative de sa consommation, ce qui le rend vulnérable aux fluctuations des prix internationaux et aux aléas logistiques. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, il est temps d’inverser cette tendance.
L’objectif est double : stimuler la production locale et renforcer les filières agricoles afin de tendre vers une autosuffisance alimentaire. La BAD a été sollicitée pour soutenir cette transition en finançant des infrastructures rurales, en facilitant l’accès des producteurs aux marchés et en encourageant l’investissement privé. À travers ces mesures, le partenariat vise à créer des emplois, à dynamiser les revenus des ménages ruraux et à sécuriser les approvisionnements.
Les bénéfices attendus dépassent le cadre agricole. Une agriculture performante peut en effet impulser une dynamique économique plus large, en générant des chaînes de valeur locales et en réduisant les coûts liés aux importations. Toutefois, pour que cette stratégie porte ses fruits, elle devra s’accompagner d’un environnement réglementaire stable et incitatif, ainsi que d’infrastructures adaptées.
Vers un partenariat axé sur l’impact et la durabilité
Cette réunion marque un tournant dans les relations entre le Gabon et la BAD. Les deux parties ont souligné l’excellence de leur collaboration, tout en insistant sur la nécessité de passer d’un modèle de financement traditionnel à un partenariat d’impact. L’accent sera désormais mis sur des projets capables de produire des résultats concrets et durables, plutôt que sur des engagements de principe.
Pour Libreville, l’enjeu est de taille : concrétiser les promesses politiques par des réalisations tangibles. Pour la BAD, l’heure est venue de démontrer que ses interventions peuvent répondre aux défis structurels qui freinent le développement gabonais. L’eau, l’électricité et l’agriculture deviennent ainsi les nouveaux marqueurs d’une coopération renouvelée, où les résultats priment sur les annonces.
Dans un contexte où les attentes des Gabonais en matière de progrès sociaux sont fortes, la réussite de cette nouvelle orientation se mesurera à l’aune des changements réels observés sur le terrain. Les mois à venir seront déterminants pour évaluer si cette ambition se traduit par des projets financés, exécutés et évalués avec succès. Une chose est sûre : le Gabon et la BAD ont désormais un agenda commun, tourné vers l’action et l’efficacité.
