Washington sanctionne une raffinerie d’or du Rwanda pour son rôle dans l’exploitation illégale de minerais congolais
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Les autorités américaines ont décidé de sanctionner une raffinerie d’or basée au Rwanda, Gasabo Gold, ainsi que deux de ses principaux dirigeants. Ces mesures ciblent un réseau accusé d’avoir acheminé clandestinement des minerais en provenance de zones sous contrôle de groupes armés en République démocratique du Congo (RDC).
Selon les informations communiquées par Washington, cette raffinerie aurait collaboré avec le mouvement rebelle M23, actif dans l’est de la RDC, où se trouvent d’importantes réserves d’or et de coltan. Malgré les preuves présentées par des experts internationaux, les autorités rwandaises rejettent systématiquement ces accusations, qualifiant les sanctions de mesures infondées et partiales.
Un réseau impliquant des responsables et des militaires rwandais
Dans leur communiqué, les États-Unis révèlent qu’au moins 60 kilogrammes d’or, estimés à plusieurs millions de dollars, auraient été transportés illégalement depuis l’est congolais vers la raffinerie rwandaise au début de l’année 2026. L’enquête américaine met en cause des responsables gouvernementaux et des membres des forces armées rwandaises dans l’organisation de ce trafic.
Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une politique américaine visant à lutter contre l’exploitation illégale des ressources naturelles en Afrique centrale. Elle intervient également après une sanction similaire imposée par l’Union européenne à Gasabo Gold en 2025, pour son implication présumée dans des activités profitant des conflits armés en RDC.
Gel des actifs et interdiction des transactions
Les sanctions américaines entraînent le gel de tous les avoirs détenus par les entités et individus sanctionnés sous juridiction américaine. Elles interdisent également aux entreprises et citoyens des États-Unis de réaliser des transactions avec ces parties. Jean Malic Kalima, président de la raffinerie, et Bosco Kayobotsi, son directeur général, figurent parmi les cibles de ces mesures.
Les sociétés minières Bugambira Mines, Wolfram Mining and Processing et Rwinkwavu Mining Corporation, contrôlées par Jean Malic Kalima, ont également été visées par les sanctions. Aucune de ces entités n’a encore réagi publiquement aux accusations portées contre elles.
Un accord de paix mis à mal par la poursuite des violences
Ces sanctions s’appuient sur un accord de paix signé en décembre 2025 entre le Rwanda et la RDC, avec le soutien des États-Unis. L’objectif était de mettre fin aux hostilités dans l’est congolais et d’instaurer une gestion transparente des ressources minières. Pourtant, les combats persistent, malgré les engagements pris par les parties.
Lors d’un sommet organisé le 25 juin 2026 pour évaluer l’application de l’accord, les représentants de la RDC, du Rwanda et des États-Unis ont exprimé leur « préoccupation majeure face à l’escalade des violences », selon un communiqué commun. Les négociations semblent ainsi buter sur la réalité du terrain, où les groupes armés continuent de prospérer grâce à l’exploitation illégale des minerais.
Face à cette situation, l’administration américaine réaffirme sa détermination à empêcher que des groupes criminels ne tirent profit du commerce illicite des ressources naturelles. « Les richesses minières de la RDC appartiennent légitimement au peuple congolais », a déclaré Scott Bessent, secrétaire au Trésor des États-Unis. Cet engagement s’accompagne d’une volonté de renforcer les investissements américains dans le secteur minier de la région, dans un cadre légal et transparent.
