Le Gabon accélère sa transformation économique avec un projet phare : le port en eau profonde de Kobe-Kobe. Ce chantier d’envergure s’inscrit dans une vision ambitieuse : faire du pays un pôle minier et industriel incontournable en Afrique centrale d’ici 2030. À peine quelques semaines après la signature d’un partenariat stratégique avec Africa Global Logistics (AGL), le gouvernement gabonais passe à l’action. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a lancé officiellement les travaux, marquant le début d’une nouvelle ère pour l’économie nationale.
Un projet intégrateur pour une souveraineté économique renforcée
Le port de Kobe-Kobe ne se limite pas à une simple infrastructure logistique. Il s’agit d’un écosystème complet conçu pour stimuler la production locale et réduire la dépendance aux importations. Parmi les infrastructures prévues figurent :
- un terminal minéralier dédié aux exportations de matières premières ;
- un quai polyvalent et minéralier pour diversifier les activités portuaires ;
- une boucle ferroviaire de 550 km reliant les sites de production au port en seulement huit heures ;
- une zone résidentielle pour les travailleurs et leurs familles ;
- des espaces de stockage pour les marchandises et des bureaux administratifs.
Ce projet s’appuie sur une collaboration internationale, impliquant des partenaires miniers, métallurgiques et industriels venus des quatre coins du monde. L’objectif ? Créer une chaîne de valeur intégrée, où chaque acteur contribue à l’industrialisation du Gabon. « La réussite de ce chantier repose sur la synergie entre tous les partenaires. Chaque maillon de cette chaîne doit produire des résultats concrets », a rappelé le chef de l’État lors de la cérémonie de pose de la première pierre.
Des retombées économiques majeures pour le Gabon
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : ce méga-projet devrait générer plus de 100 000 emplois directs et indirects, dynamiser le PIB gabonais de plus de 50 % et générer une valeur annuelle dépassant les 10 milliards de dollars. Selon les projections, les premières exportations via Kobe-Kobe débuteront en avril 2031, marquant le coup d’envoi d’une nouvelle dynamique économique pour le pays.
Pour assurer la pérennité du projet, des jeunes Gabonais seront formés aux métiers de la logistique, des mines et de l’industrie. « Former les ressources humaines locales est une priorité. Ces compétences seront le socle de notre indépendance économique », a souligné Philippe Labone, directeur général d’AGL.
Un modèle de développement axé sur l’autonomie et l’intégration régionale
Le port de Kobe-Kobe incarne bien plus qu’un simple investissement infrastructurel. Il représente une stratégie globale pour le Gabon, combinant :
- l’industrialisation des ressources naturelles ;
- la création de valeur locale plutôt que l’exportation brute de matières premières ;
- l’intégration des territoires, notamment grâce au corridor ferroviaire ;
- la souveraineté logistique, réduisant la dépendance aux ports étrangers.
Le ministre des Transports et de la Marine marchande, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a résumé cette ambition : « Nous ne construisons pas seulement un port. Nous bâtissons les fondations d’un Gabon industrialisé, compétitif et souverain, capable de jouer un rôle central dans la logistique africaine ».
