Forum panafricain des médias : Bamako mise sur l’éducation et la lutte contre la désinformation

Lors d’un forum dédié aux professionnels des médias organisé à Bamako, le Premier ministre malien Abdoulaye Maïga a souligné l’importance d’un cadre panafricain pour renforcer le dialogue et les compétences dans le secteur médiatique. Plusieurs thématiques ont été abordées, dont l’éducation aux médias à l’ère du numérique, la lutte contre la désinformation et les outils de vérification de l’information.

Un rassemblement continental pour des enjeux africains

Le Maroc, invité d’honneur, a marqué sa présence lors de cet événement qui s’est tenu du 3 au 6 juin. Aziz Boucetta, directeur de publication de Panorapost.com, a partagé son analyse : «l’Afrique fait face à des défis médiatiques qui, une fois identifiés, peuvent être surmontés grâce à une prise de conscience collective». Il a également salué l’engagement du Maroc, dont la participation vise à partager des solutions et à favoriser des partenariats porteurs pour l’avenir du continent.

La jeunesse malienne au cœur des transformations numériques

Aboubacar Abdoulwahidou Maïga, directeur général d’une école de journalisme et intervenant lors des panels, a présenté des chiffres marquants : «le taux de Maliens connectés est passé de 2 % en 2012 à 35 % aujourd’hui, avec 80 % de jeunes de moins de 35 ans parmi eux. Parmi cette tranche de la population, 60 % s’informent via les réseaux sociaux». Il a également pointé du doigt le retard dans la numérisation des médias locaux, un frein majeur à la rentabilité et à l’efficacité du secteur.

Médias et sécurité : un lien indissociable

Le chef du gouvernement malien, le général Abdoulaye Maïga, a rappelé que les enjeux sécuritaires dans la sous-région s’accompagnent désormais d’une bataille médiatique et informationnelle. «Les conflits ne se limitent plus aux champs de bataille : ils se jouent aussi sur les réseaux sociaux et dans les espaces numériques», a-t-il déclaré. Pour lui, le journaliste joue un rôle clé dans la stabilité des États, la cohésion sociale et la résilience des populations.

Il a conclu en insistant sur la nécessité de renforcer les compétences professionnelles des médias africains : «il est essentiel que nos structures médiatiques disposent des outils nécessaires pour remplir leur mission avec efficacité».