Paul Biya envoie Laurent Esso représenter le Cameroun aux obsèques de Dipanda Mouelle

Le président camerounais mandate son ministre de la Justice pour rendre un dernier hommage

C’est une décision officielle venue du sommet de l’État qui vient d’être rendue publique. Un courrier, signé par Samuel Mvondo Ayolo, directeur du Cabinet civil de la présidence de la République, confirme que le président Paul Biya a désigné Laurent Esso, garde des Sceaux et ministre de la Justice, comme son représentant personnel aux funérailles d’Alexis Dipanda Mouelle.

Ce dernier, figure emblématique de la magistrature camerounaise, a marqué l’histoire judiciaire du pays en présidant la Cour suprême pendant plus de deux décennies. Son décès, survenu le 4 mai 2026 à l’âge de 84 ans, a suscité une grande émotion dans les milieux politiques et juridiques.

Un hommage national pour un grand magistrat

Les cérémonies funéraires d’Alexis Dipanda Mouelle se déroulent en plusieurs étapes, du 22 au 27 juin 2026. Après des jours de recueillement et de prières au domicile familial de Yaoundé, la capitale politique, le programme prévoit une levée de corps à la morgue de l’hôpital général, suivie d’hommages judiciaires à la Cour suprême.

Le jeudi 25 juin, une messe sera célébrée à la Basilique Marie Reine des apôtres de Mvolye, avant une veillée au domicile familial. Le lendemain, un cortège funèbre prendra la direction du village natal de Bonakou-Bwapaki, dans la région du Littoral, avec un arrêt symbolique à Douala pour une nouvelle veillée. L’inhumation est prévue pour le samedi 27 juin.

Un parcours judiciaire exceptionnel

Né le 25 mars 1942 à Bonakou-Bwapaki, Alexis Dipanda Mouelle a marqué l’histoire judiciaire du Cameroun. Formé à l’Université de Paris, il intègre la magistrature en 1965. Son parcours professionnel le mène rapidement aux plus hautes fonctions : secrétaire général du ministère de la Justice en 1975, puis président de la Cour suprême en 1986 – une fonction qu’il occupera jusqu’à sa retraite en 2014.

Son héritage judiciaire reste immense. Après son départ, Daniel Mekobe Sone lui a succédé à la tête de la Cour suprême. Dipanda Mouelle restera dans les mémoires comme un pilier de l’État de droit au Cameroun, ayant contribué à façonner l’institution judiciaire pendant près de trois décennies.

Une cérémonie sous haute surveillance

La présence de Laurent Esso, en tant que représentant du chef de l’État, souligne l’importance accordée à cet hommage. Les autorités camerounaises veillent à ce que ces funérailles se déroulent dans le plus grand respect des traditions et des institutions.

Les Camerounais, quant à eux, rendent un dernier hommage à un homme qui a incarné l’indépendance de la justice et la rigueur judiciaire. Son départ laisse un vide dans le paysage juridique national, mais aussi un héritage que les nouvelles générations de magistrats continueront de porter.