C’est un véritable séisme dans le monde du football africain. Deux mois après la conclusion de la Coupe d’Afrique des nations le 18 janvier 2026, la Confédération africaine de football a pris la décision radicale de retirer le trophée au Sénégal pour le décerner au Maroc. Cette sentence fait suite aux événements houleux qui ont marqué la finale de la compétition. En réponse, un recours devant le Tribunal arbitral du sport a déjà été formulé.
Une sanction jugée injuste par la Fédération sénégalaise
Le jury d’appel de la CAF a tranché après plusieurs semaines d’enquête sur une finale chaotique. Bien que les Lions de la Teranga l’aient initialement emporté sur le terrain (1-0 après prolongation), l’instance continentale a choisi de déclarer le Sénégal forfait. Par conséquent, le résultat officiel est désormais une victoire 3-0 en faveur du Maroc. La Fédération sénégalaise de football n’a pas tardé à réagir, qualifiant cette décision d’« inique » et de « sans précédent ». Elle estime que ce verdict porte atteinte à l’intégrité du sport sur le continent et a annoncé une procédure d’urgence devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) à Lausanne, en Suisse.
Tensions et protestations sur le terrain et les réseaux sociaux
La nouvelle a provoqué une onde de choc immédiate, particulièrement dans la zone Sahel où le football déchaîne les passions. Sur Instagram, le défenseur sénégalais Moussa Niakhaté a manifesté son mécontentement en publiant une photo de lui avec la coupe, défiant les autorités sportives. Pour comprendre ce revirement, il faut remonter au 18 janvier à Rabat. Lors de la finale, une partie de l’effectif du Sénégal avait brièvement quitté la pelouse. Ce mouvement de protestation faisait suite à une décision arbitrale litigieuse : l’annulation d’un but sénégalais suivie de l’octroi d’un penalty au Maroc durant le temps additionnel.
S’en était suivi un quart d’heure de confusion totale. Alors que des projectiles étaient lancés depuis les tribunes et que des tentatives d’envahissement de terrain avaient lieu, le match avait fini par reprendre. Brahim Diaz, l’attaquant marocain, avait alors échoué dans sa tentative de penalty, avant que Pape Gueye ne donne l’avantage au Sénégal durant les prolongations.
Le règlement de la CAF appliqué à la lettre
Pour justifier ce retrait de titre, la CAF s’appuie sur les articles 82 et 84 de son règlement intérieur. Ces textes stipulent que toute équipe qui refuse de poursuivre une rencontre ou quitte le terrain avant le coup de sifflet final est considérée comme perdante par forfait. Si le football occupe souvent le devant de la scène dans le Sahel actualité, cette décision juridique rappelle la rigueur des instances fédérales.
De son côté, la Fédération marocaine a affirmé que sa démarche visait uniquement le respect du règlement et non la remise en cause du talent des joueurs adverses. Un précédent similaire avait eu lieu en 2019 lors de la Ligue des Champions de la CAF entre l’Espérance de Tunis et le Wydad Casablanca. En marge de ce volet sportif, la justice marocaine a reporté au 30 mars le procès en appel de 18 supporters sénégalais impliqués dans les incidents de la finale, alors que des amendes massives ont déjà été infligées aux deux fédérations pour manquement au fair-play.
