Le monde du football sénégalais et africain est sous le choc. Une décision retentissante vient de tomber : deux mois après avoir soulevé son deuxième trophée de la Coupe d’Afrique des Nations au Maroc, l’équipe du Sénégal a été déchue de son titre par la Confédération Africaine de Football (CAF).
Dans une tournure des événements inattendue, le Jury d’Appel de l’instance a déclaré les Lions de la Téranga forfaits pour la finale remportée 1-0, désignant ainsi le Maroc comme le nouveau vainqueur de la CAN 2025.
Un séisme émotionnel qui suscite l’incompréhension

Cette annonce a fait la une de tous les quotidiens sénégalais et a monopolisé les débats sur les plateaux de télévision et les réseaux sociaux, où les supporters expriment leur amertume. À l’échelle internationale, les médias sportifs ont abondamment commenté ce verdict rocambolesque.

Beaucoup s’interrogent sur le délai de deux mois écoulé depuis la finale, la remise du trophée et les célébrations. Le consultant Samir Nasri a ironisé sur le plateau de Canal +, demandant pourquoi avoir attendu si longtemps.
Le contenu du communiqué de la CAF

Le communiqué officiel précise que le Jury d’Appel a décidé, en se basant sur l’article 84 du Règlement de la CAN, de déclarer l’équipe du Sénégal forfait. Le résultat de la finale est donc homologué à 3-0 en faveur de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF).
L’instance estime que la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) a violé l’article 82 du règlement par le comportement de son équipe. La décision de la commission de discipline, prise en première instance, a été annulée.
Les articles 82 et 84 du règlement de la CAF
La décision de la CAF s’appuie sur des articles précis de son règlement. L’article 82 stipule qu’une équipe qui se retire, refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin sans l’autorisation de l’arbitre sera considérée perdante et éliminée.
L’article 84 ajoute que l’équipe en infraction perd le match 3-0, à moins que le score ne soit plus avantageux pour l’adversaire au moment de l’interruption. L’article 83, quant à lui, sanctionne une équipe qui ne se présente pas sur le terrain à l’heure du coup d’envoi.
Le fonctionnement des organes juridiques de la CAF

La CAF dispose de deux organes juridiques principaux. La Commission de discipline statue en première instance sur les sanctions, en se basant sur les rapports des officiels de match et les preuves vidéo. Le Jury d’Appel (ou Commission d’appel) intervient en seconde instance pour statuer sur les recours. Il se réunit de manière ponctuelle pour réexaminer les décisions initiales. Cette commission est présidée par la Nigériane Roli Daibo Harriman et comprend des membres de divers pays comme le Cap-Vert, la Tunisie, le Togo ou encore la Mauritanie.
Les raisons du recours marocain

Le 3 février, la Fédération Royale Marocaine de Football avait annoncé son intention de faire appel des sanctions initiales de la CAF. La FRMF jugeait ces sanctions insuffisantes face à la gravité des incidents survenus après la finale, notamment « le retrait des joueurs et des membres du staff de la sélection sénégalaise, l’envahissement de la pelouse par leurs supporters, ainsi que les scènes de chaos et de violences qui ont suivi ».

Le Sénégal se tourne vers le Tribunal Arbitral du Sport (TAS)
Face à cette décision, la Fédération Sénégalaise de Football a annoncé qu’elle allait saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), l’instance suprême pour le règlement des litiges sportifs au niveau mondial. La FSF dispose de dix jours pour formaliser son recours.
Basé à Lausanne, en Suisse, le TAS est une organisation indépendante qui rend des décisions impartiales par arbitrage. Ses sentences sont contraignantes et mettent généralement un terme définitif aux procédures judiciaires sportives. Le verdict du TAS déterminera donc l’issue finale de cette affaire et désignera le champion officiel de la CAN 2025.
