À Kpomé, dans la région Maritime, une nouvelle impulsion est donnée à la lutte contre le chômage des jeunes au Togo. Face aux défis persistants de l’accès à l’emploi, les autorités togolaises adoptent une stratégie pragmatique : transformer les bénéficiaires de formations en véritables acteurs économiques ruraux. Cinquante jeunes de la localité viennent de franchir un cap essentiel en recevant les équipements indispensables pour démarrer sans délai leurs entreprises dans les domaines de l’agriculture et de l’élevage.
Cette cérémonie de remise de matériel, qui s’est déroulée le 20 juillet dernier, sous l’égide de Dotsè Medjina, secrétaire général du Gouvernorat de la région Maritime et représentant du gouverneur, marque l’aboutissement d’un programme intensif de formation professionnelle de trois mois. Ce parcours était spécifiquement axé sur les filières prometteuses du secteur agropastoral, offrant des compétences concrètes pour l’insertion.

Un accompagnement concret pour l’insertion professionnelle des jeunes
L’un des principaux obstacles à l’insertion professionnelle des jeunes réside souvent dans le manque de capital initial, même après une formation qualifiante. Beaucoup de jeunes acquièrent des compétences précieuses sans pouvoir les concrétiser faute de moyens pour lancer leurs activités.
À Kpomé, cette lacune est comblée par une approche novatrice. Après avoir suivi leur apprentissage, les participants se voient remettre un « kit d’installation » complet. Ce dernier inclut une gamme variée d’équipements essentiels : des motoculteurs et motopompes pour le travail du sol et l’irrigation, des pulvérisateurs, des semences et engrais de qualité, des balances électroniques, des rouleaux de grillage, des systèmes d’irrigation et de stockage d’eau, des brouettes, ainsi que des matériaux de construction. Cette dotation exhaustive vise à garantir un démarrage immédiat et autonome des exploitations.
L’objectif clair est de permettre à ces nouveaux entrepreneurs de lancer leurs activités sans dépendre de financements supplémentaires, souvent difficiles à obtenir, assurant ainsi une transition fluide de la formation à la production.

L’agropastoral, pilier du développement économique rural au Togo
Les cinquante bénéficiaires de cette initiative ont été formés dans des filières jugées essentielles pour le développement rural togolais. Le programme a couvert des domaines variés et stratégiques tels que le maraîchage, l’aviculture, l’élevage de petits ruminants, ainsi que la production porcine. Ces secteurs représentent des opportunités majeures pour la création de richesse et d’emplois durables.
En équipant ces jeunes, les pouvoirs publics visent un double objectif : favoriser leur autonomie financière individuelle et, de manière plus large, renforcer la production agricole locale tout en insufflant un dynamisme nouveau aux économies des zones rurales.

Rigueur et responsabilité : les piliers d’un investissement pérenne
Lors de la cérémonie de dotation, Dotsè Medjina a vivement insisté sur l’importance de la responsabilité inhérente à cette opportunité. Il a exhorté les jeunes entrepreneurs à faire preuve de rigueur dans l’utilisation et la gestion des équipements, afin de garantir la rentabilité et la pérennité de leurs futures exploitations.
Il a également lancé un appel vibrant aux jeunes, les invitant à embrasser pleinement leur rôle et à devenir des moteurs essentiels du développement économique au sein de leurs communautés respectives.

Vers une souveraineté alimentaire renforcée au Togo
Cette initiative s’inscrit pleinement dans le cadre du projet ambitieux intitulé « Formation-métier et accompagnement à l’insertion professionnelle ». Ce programme a été inauguré en 2025 par l’Agence Nationale pour l’Emploi (ANPE), en collaboration étroite avec le ministère de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire.
À travers ce dispositif, le Togo réaffirme sa volonté de dépasser les approches théoriques de la formation pour bâtir une politique d’emploi résolument orientée vers la création d’activités génératrices de revenus. Le choix stratégique du secteur agropastoral est révélateur de cette orientation, avec l’ambition de faire émerger une nouvelle génération de jeunes producteurs. Ces derniers, grâce à leurs compétences et à l’équipement fourni, sont appelés à transformer leurs connaissances en entreprises viables, contribuant ainsi de manière significative et durable à la souveraineté alimentaire du pays.
