Réseaux sociaux au Cameroun : ce que les jeunes gagnent et ce qu’ils risquent

Informer, divertir, rapprocher, mais aussi manipuler, diviser et exposer. Au Cameroun, les réseaux sociaux occupent une place centrale dans le quotidien des jeunes. Un débat réunissant entrepreneurs, influenceurs et journalistes a dressé un constat sans détour : les mêmes plateformes qui ouvrent des portes peuvent aussi fragiliser ceux qui les utilisent sans repères.

Une présence devenue incontournable chez les jeunes Camerounais

Les participants l’ont rappelé d’emblée : difficile aujourd’hui d’ignorer les réseaux sociaux lorsqu’on a vingt ans au Cameroun. Ils structurent les échanges, l’accès à l’information et, de plus en plus, l’activité économique. Entre apprentissage en ligne, entrepreneuriat numérique et liberté d’expression, les plateformes ouvrent des perspectives concrètes que les jeunes interrogés décrivent comme réelles et mesurables.

Plusieurs exemples cités lors des échanges montrent que ces outils peuvent :

  • faire la promotion d’une activité commerciale ou artisanale auprès d’un large public ;
  • partager des connaissances et des savoir-faire entre pairs ;
  • donner une voix à des jeunes habituellement peu représentés ;
  • soutenir des personnes marginalisées en leur offrant une visibilité ;
  • générer des revenus grâce à l’entrepreneuriat numérique ;
  • créer des communautés autour d’intérêts communs.

Dépendance, désinformation, piratage : les principales dérives pointées

Le revers de la médaille a lui aussi été abordé sans détour. Les jeunes eux-mêmes désignent les dangers les plus fréquents :

  • la dépendance, avec un temps d’écran qui empiète sur les études et les relations réelles ;
  • la désinformation, favorisée par la circulation rapide de contenus non vérifiés ;
  • le piratage d’images et de contenus, rarement sanctionné ;
  • la comparaison sociale, source de frustration et de perte de confiance ;
  • la surexposition de la vie privée, aux conséquences durables.

Un constat revient avec insistance : une partie de la jeunesse privilégie des contenus purement divertissants au détriment de contenus éducatifs ou inspirants. Un déséquilibre que plusieurs intervenants ont qualifié de frein pour ceux qui cherchent à se former ou à entreprendre.

Éducation numérique : la réponse mise en avant

Face à ces constats, la solution proposée est simple dans son principe, exigeante dans sa mise en oeuvre : apprendre à utiliser les réseaux sociaux de manière responsable et consciente. Les invités ont insisté sur la nécessité d’une véritable éducation aux médias et au numérique, capable de toucher les jeunes dès le plus jeune âge.

Développer un esprit critique avant tout

Vérifier une information avant de la relayer, questionner la source d’une image, comprendre les mécanismes d’attention qui captent le regard : ces réflexes constituent le socle d’un usage maîtrisé. Le message central porté lors de ce débat tient en une phrase : les réseaux sociaux ne sont ni bons ni mauvais en eux-mêmes. Tout dépend de la façon dont on s’en sert.

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Chroniqueur politique

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