Femmes dans les mines artisanales au Mali : quand la survie devient mortelle

Femmes dans une mine artisanale au Mali

L’effondrement meurtrier survenu en janvier 2026 à Kéniéty, dans le cercle de Kéniéba, a emporté six femmes sous les décombres. Cet accident révèle une réalité glaçante : la misère extrême pousse les mères de famille à risquer leur vie chaque jour pour subvenir aux besoins de leur foyer.

Des vies sacrifiées sur l’autel de la survie

Travailler dans les mines artisanales du Mali n’est pas un choix, mais une issue tragique face à l’indigence. Ces femmes, contraintes par la faim et l’absence de revenus stables, acceptent des conditions de travail inhumaines. Dans la région de Kayes, il est courant de les voir œuvrer plus de douze heures par jour sous une chaleur écrasante, espérant récolter quelques grammes d’or pour nourrir leurs enfants.

Les zones les plus dangereuses leur sont souvent attribuées. Exclues des galeries les plus rentables, elles sont reléguées dans des fosses abandonnées ou des mines en ruine, jugées trop risquées par les autres orpailleurs. Ces lieux, déjà fragilisés par l’érosion et le manque d’entretien, deviennent des pièges mortels dès que les parois s’effondrent.

Un quotidien fait de dangers multiples

Le péril ne se limite pas aux effondrements soudains. Leur précarité les expose à des risques sanitaires et sociaux insoupçonnés. Sans équipement de protection, elles manipulent des substances hautement toxiques comme le mercure, risquant des maladies chroniques et irréversibles. De plus, leur vulnérabilité économique les rend particulièrement exposées aux violences sexistes et à l’exploitation sur les sites miniers.

Le drame de Kéniéty, où deux femmes mariées ont péri parmi les six victimes, illustre l’ampleur de cette tragédie. En creusant les parois d’une ancienne mine chinoise pour récupérer des pépites, elles ont été prises au piège d’un effondrement brutal. Malgré l’intervention des secours locaux, qui ont agi avec des moyens limités, la terre a eu raison de leur courage.

La nécessité d’une solution durable

Pour les habitants de Dialafara, gérer les séquelles des activités minières est devenu un défi de santé publique. Les sociétés d’extraction quittent souvent la région en laissant derrière elles des cavités béantes, transformant ces sites en pièges mortels pour les plus démunis. Le rebouchage systématique de ces fosses est désormais une priorité absolue pour éviter de nouvelles catastrophes.

Au-delà de la sécurisation des infrastructures, la véritable solution passe par l’autonomisation des femmes. Les autorités de la transition au Mali doivent renforcer les programmes d’accompagnement social pour les orienter vers des métiers moins dangereux et plus lucratifs. Sans alternatives économiques viables, la pauvreté continuera de condamner ces femmes à risquer leur vie dans les entrailles de la terre malienne.