Est de la RDC : Aimé Boji dénonce les illusions de ceux qui croient à la renonciation nationale

Est de la RDC : Aimé Boji dénonce les illusions de ceux qui croient à la renonciation nationale

Des civils arrêtés par les rebelles de l’AFC/M23 à Goma

À l’issue de la session parlementaire de mars 2026, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a livré un message fort aux populations de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), martelant l’indivisibilité du territoire national face à l’occupation illégale subie depuis des années.

Dans un discours prononcé en swahili et en français, il a d’abord salué la résilience des déplacés internes et des réfugiés, dont les conditions de vie restent dramatiques. S’adressant aux habitants du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, il a exprimé un message d’espoir et de solidarité :

« Nous devons rendre hommage à la force inébranlable de nos compatriotes déplacés et réfugiés. Leurs souffrances restent au premier rang de nos préoccupations. Aujourd’hui, je veux leur dire que nous partageons leur peine et leur espérance. Malgré les épreuves imposées par les groupes armés et leurs soutiens extérieurs, ils incarnent la résistance et l’attachement indéfectible à notre nation. »

Le président Boji a ensuite réaffirmé avec force l’appartenance inaliénable de l’Est de la RDC à la République, qualifiant l’occupation actuelle de temporaire et de barbare. Il a rappelé que cette partie du pays, un héritage sacré de nos ancêtres, ne saurait être soustraite à l’unité nationale.

« Le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri font partie intégrante de la RDC, un don béni de Dieu et un legs de nos aïeux. L’occupation que subit notre pays à l’Est n’est ni définitive ni irréversible. Comme toutes les injustices de l’histoire, cette situation prendra fin. »

Face à ceux qui spéculent sur une possible renonciation à la nationalité congolaise par les populations sous occupation, Aimé Boji a lancé un avertissement solennel :

« Qu’on se le dise : ceux qui croient que nos frères et sœurs vivant dans les territoires occupés pourraient renoncer à leur appartenance nationale se trompent gravement. Nous restons unis, nous défendons ensemble notre unité, notre intégrité territoriale et notre souveraineté. Notre plus grande arme n’est pas seulement militaire, c’est notre patriotisme, notre unité et notre résilience. »

Il a catégoriquement rejeté toute velléité de division ou d’instrumentalisation des populations de l’Est, rappelant que la RDC est une et indivisible. « Que les forces obscures qui agressent notre pays sachent que nous leur opposerons un mur de solidarité infranchissable. Où que vous soyez en RDC, le sang qui coule à l’Est est le nôtre. »

Le président de l’Assemblée nationale a également souligné que les tentatives de division ne sauraient prospérer, rappelant que chaque centimètre carré du territoire national est défendu par les institutions. « La République démocratique du Congo n’est pas négociable. »

Enfin, il a évoqué la détérioration persistante de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est, malgré les accords internationaux comme l’Accord de Washington ou le processus de Doha. Malgré les appels répétés à la paix, les violences contre les civils et les déplacements forcés continuent, aggravant une crise humanitaire déjà critique.

Dans un contexte de baisse des financements internationaux pour l’aide humanitaire, Aimé Boji a appelé à une mobilisation accrue pour mettre fin aux souffrances des populations de l’Est. Il a insisté sur la nécessité de concrétiser les engagements diplomatiques et de traduire les avancées théoriques en actions concrètes sur le terrain.