Droits de l’enfant au Niger : l’école comme levier de sensibilisation

À Gaya, au Niger, l’école brise les préjugés sur les droits de l’enfant

Dans la ville de Gaya, située au sud-ouest du Niger, une école primaire innove en intégrant des cours de morale dédiés aux droits de l’enfant. Cette initiative, menée à l’occasion de la Journée de l’enfant africain, vise à éveiller les consciences dès le plus jeune âge. Les élèves, âgés de 9 à 12 ans, découvrent avec enthousiasme que leurs droits ne se limitent pas aux adultes : soins médicaux, écoute des parents et des enseignants, ou encore protection contre la violence, font partie de leur quotidien.

Enfants nigériens en cours de morale sur leurs droits fondamentaux

Les échanges après la sonnerie illustrent l’impact immédiat de ces leçons. Les enfants, souvent surpris, partagent leurs nouvelles connaissances entre eux :

  • « Avant, je pensais que le droit était réservé aux grands, comme conduire ou voter. »
  • « On a le droit d’être soigné quand on est malade, et personne ne doit nous faire du mal. »
  • « Nous aussi, on peut parler. Les adultes doivent nous écouter et comprendre nos besoins. »

Ces discussions ne restent pas cantonnées à la salle de classe : elles s’étendent aux couloirs et se poursuivent une fois les cours terminés. Aïssatou, l’institutrice, constate avec satisfaction que ses élèves appliquent désormais ces principes au quotidien : « Les enfants retiennent et mettent en pratique ce qu’ils apprennent. Leur excitation montre à quel point cette sensibilisation est nécessaire. »

Une pédagogie adaptée pour ancrer les droits dans les esprits

L’enseignement des droits de l’enfant repose sur une approche progressive, comme l’explique Omar, conseiller pédagogique : « Dès la maternelle, les enfants découvrent leurs droits à travers des contes et des chants. En primaire, le cours de morale approfondit ces notions. L’éducation civique intervient plus tard, au secondaire. » Cette méthode, appelée approche par compétences, permet d’adapter le contenu à chaque niveau scolaire et de garantir une compréhension durable.

Les défis d’une éducation inclusive au Niger

Malgré ces efforts, tous les enfants ne bénéficient pas de cette éducation. Certains, comme ce garçon de 11 ans ramassant des bouteilles en plastique dans les rues, n’ont jamais eu accès à ces enseignements. « Les droits, c’est pour les adultes », déclare-t-il, reflétant une méconnaissance généralisée. Cette situation souligne l’urgence d’étendre ces programmes au-delà des écoles, pour toucher tous les jeunes, même ceux exclus du système éducatif.

L’initiative de Gaya prouve que l’école peut être un levier puissant pour changer les mentalités et garantir que chaque enfant nigérien connaisse et défende ses droits fondamentaux.