Donald Trump cible le Cameroun pour contrer Pékin

Politique internationale

Donald Trump cible le Cameroun pour contrer Pékin

Dès son retour à la Maison Blanche, Donald Trump a fait de la réduction de l’influence chinoise en Afrique une priorité absolue. Le Cameroun, riche en ressources stratégiques, se retrouve au cœur de cette stratégie.

Armand Djaleu
||4 min de lecture
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Dès son retour à la présidence américaine, Donald Trump a érigé en priorité stratégique la réduction de la dépendance des États-Unis aux terres rares contrôlées par la Chine.

Cette volonté s’incarne dans des actions concrètes, notamment à travers le soutien apporté à GreenMet, une entreprise fondée par Drew Horn, ancien conseiller en sécurité nationale de Trump. Ce dernier s’est rendu à Yaoundé pour y nouer des partenariats discrets mais stratégiques.

Parmi les associés de Drew Horn figurent d’anciens collaborateurs proches de Donald Trump, comme Georges Sorial (ancien conseiller juridique du président) et Keith Schiller (ex-directeur de la sécurité de la Trump Organization). Ces liens soulignent l’ancrage politique de cette initiative.

Les discussions menées à Yaoundé ont abouti à la signature de mémorandums d’entente (MoU) dont le contenu reste confidentiel. Cependant, on sait que American Renaissance Minerals (ARM), liée à GreenMet, est désormais en position de force pour exploiter les gisements de nickel et de cobalt de Nkamouna. Les terres rares, ressources hautement stratégiques, figurent également dans le viseur américain.

Pour contourner les restrictions du Congrès américain qui exclut le Cameroun de l’AGOA, Donald Trump mise sur la Chambre de commerce américaine au Cameroun (AmCham) pour faciliter les échanges commerciaux.

Contrairement à la Chine, déjà bien implantée en République démocratique du Congo (RDC) pour l’exploitation des minerais stratégiques, les États-Unis privilégient une approche axée sur la transparence et la transformation locale. Washington conditionne son soutien au gouvernement camerounais à des garanties strictes en matière de gouvernance extractive et juridique.

Les services de renseignement américains sont intervenus après les révélations de l’ITIE concernant les trafics illicites d’or. Une collaboration est en cours avec Yaoundé pour démanteler ces réseaux de pillage.

La stratégie américaine ne s’arrête pas là. La diplomatie de Washington a drastiquement réduit le nombre de pays africains éligibles aux visas américains, passant de 50 à 20. Le Cameroun figure parmi les nations retenues. Sur le plan sécuritaire, le président Paul Biya a reçu à deux reprises des hauts gradés de l’AFRICOM : le général Dagvin Anderson en septembre 2025, puis le lieutenant-général John William Brennan Jr. en mai 2026.

L’amélioration du climat des affaires est au cœur des préoccupations américaines :

« Je souhaite vivement voir davantage d’entreprises américaines s’installer au Cameroun, développer des partenariats commerciaux et créer des coentreprises, y compris entre sociétés américaines et camerounaises. Cela crée des emplois aux États-Unis, soutient l’industrie américaine – une priorité pour le président Trump – et stimule également l’économie camerounaise. »

Christopher Lamora, après un entretien avec le président Paul Biya, a ainsi résumé les ambitions de Washington. Avec plus de 700 milliards de dollars investis dans 49 pays africains, la Chine reste un rival redoutable. Certains analystes y voient une volonté de transformer le Cameroun, le Nigeria et le Kenya en nouveaux « dragons africains », à l’image des économies asiatiques des années 1980.

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