C64 : Kinshasa sous tension, ultimatum au président Tshisekedi pour un dialogue national
La coalition des forces politiques et de la société civile C64 a marqué un coup d’arrêt à son action prévue ce 22 juillet à Kinshasa. Dans un communiqué rendu public ce lundi 20 juillet, les cinq leaders de l’opposition congolaise ont annoncé le report de leur marche pacifique devant le Palais de la Nation. Cette décision intervient après un appel au dialogue lancé par les autorités religieuses du pays.
Un report stratégique sous conditions
Les responsables de la C64, à savoir Martin Fayulu (ECiDé), Jean-Marc Kabund (A.Ch), Moïse Katumbi (Ensemble), Augustin Matata (LGD) et Delly Sesanga (Envol), ont justifié cette mesure par « un geste de responsabilité ». Leur communiqué souligne leur prise en compte de l’appel lancé par la CENCO et l’ECC, représentées respectivement par le Cardinal Fridolin Ambongo et le Révérend Président André Bokundoa.
Ces derniers avaient invité la C64 à accorder une chance au dialogue national, après l’annonce par la Présidence de la République de la volonté du Chef de l’État d’organiser un « dialogue inclusif, apaisé et résolument républicain, dans le respect des institutions et de la Constitution ».
Des exigences claires pour relancer le processus
La C64 ne relâche pas pour autant ses revendications. Dans son communiqué, elle réaffirme son opposition à toute modification de la Constitution congolaise, rappelant que selon les articles 70 et 220, aucun président ne peut exercer plus de deux mandats. La coalition insiste sur la nécessité d’un dialogue national inclusif pour aborder :
- L’insécurité chronique dans l’Est du pays, aggravée par les conflits régionaux ;
- La crise de gouvernance persistante à Kinshasa ;
- Les difficultés économiques et sociales qui minent le quotidien des Congolais ;
- Les réformes structurelles indispensables pour restaurer l’unité nationale et consolider la paix.
Elle exige également des « mesures de confiance et de décrispation » pour restaurer la confiance entre les parties prenantes.
Un ultimatum jusqu’au 15 août 2026
La C64 met en garde le pouvoir en place : « La responsabilité de la suite du processus repose désormais sur Félix Tshisekedi et son régime ». Le communiqué évoque explicitement le risque de provocation, notamment à travers le processus de changement constitutionnel ou l’éventuelle promulgation d’une loi sur le référendum.
Si le dialogue national inclusif n’est pas officiellement convoqué d’ici le 15 août 2026, ou si les engagements pris restent lettre morte, la coalition se réserve le droit d’en tirer « toutes les conséquences politiques » et de mobiliser à nouveau le peuple congolais par des actions citoyennes pacifiques.
En attendant, la C64 maintient ses structures, tant en République démocratique du Congo qu’à l’étranger, en « état de mobilisation et d’alerte maximale ».
Contexte et enjeux
Cette annonce survient dans un climat politique particulièrement tendu en République démocratique du Congo. Les tensions entre le pouvoir et l’opposition s’intensifient depuis plusieurs mois, dans un contexte marqué par des revendications démocratiques et des préoccupations sécuritaires majeures, notamment dans les provinces de l’Est du pays.
