brésil 3 – haïti 0une victoire éclatante pour la seleção

Au Brésil, la victoire ne suffit pas : il faut aussi charmer. Et vendredi à Philadelphie, la Seleção a offert un spectacle mémorable en s’imposant 3-0 face à Haïti, avec un jeu aussi efficace que spectaculaire.
Le public présent et les millions de téléspectateurs ont été gâtés par un joga bonito presque parfait en première mi-temps. Une démonstration de maîtrise technique qui a rappelé aux adversaires pourquoi le Brésil reste l’une des nations les plus redoutées du football mondial.
Carlo Ancelotti avait surpris en titularisant Matheus Cunha à la place d’Igor Thiago. Le choix s’est avéré payant dès les premiers instants du match. L’attaquant de Manchester United a ouvert le score à la 23e minute, profitant d’un dégagement maladroit de la défense haïtienne pour tromper le gardien adverse d’une frappe croisée.

Cunha a doublé la mise peu après, enchaînant une frappe du gauche dans la lucarne après une passe décisive de Vinícius Jr. Une action qui a valu à l’attaquant une célébration signature, imitant la posture d’un surfeur.
Le Brésil a ensuite enfoncé le clou avant la pause. Vinícius Jr. a profité d’une défense haïtienne trop avancée pour s’infiltrer et tromper le gardien d’une frappe subtile, après une passe magistrale de Lucas Paquetá. Ce dernier, en pleine confiance, avait déjà brillé lors du premier match contre le Maroc.
Les supporters brésiliens, habitués à exiger l’excellence, ont vibré. Les Haïtiens, malgré un jeu volontaire, ont subi la loi de la Seleção. Leur sélectionneur, Sébastien Migné, a dû ajuster sa tactique en cours de match pour limiter les dégâts, réduisant son bloc défensif à quatre joueurs.

La deuxième période a été plus terne, marquée par une baisse de régime des Auriverdes et une meilleure organisation des Grenadiers. Haïti a tenté de réagir, avec quelques occasions notamment grâce à une combinaison entre Martin Expérience et Pierrot, mais Alisson est resté impassible.
Le Brésil a payé le prix de ses absences. Raphinha, blessé, a dû quitter le terrain à la 40e minute, privant l’équipe d’un ailier décisif. Quant à Neymar, toujours en convalescence, il n’a même pas voyagé avec le groupe. Une décision qui a pu surprendre, mais qui a évité à Ancelotti une polémique inutile.
Le premier sélectionneur étranger de la Seleção a ainsi évité un débat houleux. Écarter Neymar, malgré ses 34 ans et ses blessures récurrentes, aurait été perçu comme une trahison par une partie des supporters.
Malgré cette performance impressionnante, le Brésil regrettera peut-être de ne pas avoir creusé davantage l’écart. Quelques erreurs de communication entre les défenseurs haïtiens et leur gardien ont été exploitées sans succès. Haïti, malgré sa première élimination à ce stade, a montré du caractère, notamment face à l’Écosse lors de son dernier match.
Les Brésiliens, quintuples champions du monde, attendent toujours leur sixième titre depuis 2002. Leur plus longue disette depuis 1970. Une victoire avec panache vendredi, mais qui ne suffit pas à effacer les doutes sur leur capacité à remporter à nouveau le trophée.
Haïti, quant à lui, peut quitter ce Mondial la tête haute. Eliminé dès la phase de groupes, les Grenadiers ont montré un jeu direct et courageux, digne des plus grands. Leur prochaine rencontre, contre le Maroc, sera suivie avec passion par les communautés haïtiennes et marocaines au Québec, à l’occasion de la fête nationale.
En 1974, Haïti avait déjà connu une campagne difficile, avec trois défaites en trois matchs. Emmanuel Sanon avait marqué deux buts, un exploit à l’époque. Un nouveau buteur haïtien émergera-t-il mercredi ?

