Accord de pêche Gabon-ue : vers une rupture définitive ?

L’Union européenne ouverte au dialogue sur la pêche gabonaise

Le Gabon et l’Union européenne (UE) se trouvent à un tournant décisif concernant leur partenariat historique dans le secteur halieutique. Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, la représentation de l’UE au Gabon a réaffirmé sa volonté de résoudre les tensions actuelles par la négociation. « Une approche constructive et transparente est possible pour répondre aux préoccupations soulevées ces derniers mois », a souligné la délégation européenne.

Un partenariat jugé inéquitable par les autorités gabonaises

En juin 2025, le chef de l’État gabonais, Brice Oligui Nguema, avait acté le lancement d’une procédure de retrait unilatéral de l’accord de pêche en vigueur. Selon lui, les termes actuels du partenariat, en place depuis plusieurs années, présentent un déséquilibre flagrant. « Le Gabon ne peut plus accepter un accord qui ne lui offre qu’un bénéfice marginal au regard des ressources prélevées et des coûts engagés pour leur contrôle », avait-il déclaré lors d’un conseil des ministres.

Les autorités gabonaises ont pointé du doigt l’absence de retombées économiques tangibles pour le pays. Les revenus générés par l’accord, estimés à près de 17 milliards de francs CFA (26 millions d’euros) sur cinq ans, ne couvrent ni la valeur réelle des prises réalisées par les navires européens, ni les dépenses liées à la surveillance des zones de pêche, ni les pertes liées à l’absence de transformation locale des produits.

Des investissements insuffisants et des risques environnementaux

Le gouvernement gabonais a également critiqué le manque d’engagements concrets de la part de l’UE en matière de développement local. Peu de fonds ont été alloués à des projets structurants comme la création d’emplois, la formation des pêcheurs locaux ou le renforcement des capacités nationales. Par ailleurs, les craintes d’une surexploitation des ressources halieutiques se sont intensifiées, en l’absence de mécanismes transparents de suivi et de données scientifiques partagées.

L’UE propose un nouveau cadre de coopération

Face à cette situation, l’Union européenne a fait savoir qu’elle était prête à engager des discussions pour établir un Accord de Partenariat de Pêche Durable (APPD) de nouvelle génération. Ce futur protocole serait assorti d’un cadre renouvelé, équilibré et efficace, garantissant à la fois les intérêts des pêcheurs européens et ceux du Gabon. « Nous visons un partenariat mutuellement bénéfique, axé sur la durabilité et la transparence », a indiqué la représentation de l’UE.

Un accord en vigueur depuis près de deux décennies

Signé initialement en 2007, l’APPD a été reconduit à plusieurs reprises, la dernière fois en 2021 pour une durée de cinq ans. Pourtant, les désaccords persistent sur son application. Les autorités gabonaises estiment que les bénéfices tirés de cet accord ne reflètent pas les sacrifices consentis, tant sur le plan économique qu’environnemental.

Alors que les négociations pourraient s’engager à court terme, la question centrale reste : le Gabon et l’UE parviendront-ils à trouver un terrain d’entente avant la fin de la procédure de dénonciation ?