Une série d’attaques frappe le Nord-Kivu, semant la peur dans la région
La situation sécuritaire se dégrade de manière alarmante dans le territoire de Rutshuru, situé au cœur du Nord-Kivu, où une vague de violences a fait au moins dix victimes d’enlèvements et deux morts en seulement deux jours. Ces événements, qui se sont multipliés dans six localités différentes, incluent des braquages sur les routes, des incursions armées dans les habitations et des affrontements entre factions rivales. Les acteurs humanitaires tirent la sonnette d’alarme et réclament une intervention urgente pour rétablir l’ordre dans cette zone de l’est de la République démocratique du Congo.
Enlèvements et pillages : une stratégie de terreur se dessine
Mercredi matin, entre 9 heures et 10 heures, une nouvelle série d’enlèvements a été perpétrée sur deux axes stratégiques : Kibirizi-Rwindi, près de Butindiri, et Kibirizi-Kibingu. Sept personnes, dont trois conducteurs de moto-taxi et leurs passagers, ont été kidnappées. Les assaillants ont également dérobé 18 colis de poissons en provenance de Vitshumbi, sans qu’aucune piste ne permette à ce stade d’identifier les responsables.
La veille, trois autres civils avaient été victimes de violences similaires. Deux d’entre eux ont été enlevés lors d’une intrusion armée dans une maison du quartier Buzito, à Kiwanja, tandis qu’une troisième personne a été capturée dans le quartier Majengo, à Kibirizi.
Attaques ciblées et victimes collatérales
Mardi, un camion transportant des marchandises a été pris pour cible sur l’axe Kanyabayonga-Rwindi. Des hommes armés ont ouvert le feu pour forcer le conducteur à s’arrêter, avant de s’emparer du chargement. Heureusement, aucune perte humaine n’a été déplorée lors de cet incident.
Le même jour, une tragédie a endeuillé le village de Kiseguro, où une femme de 22 ans et son enfant ont été tués par des balles perdues lors d’un affrontement opposant les rebelles de l’AFC-M23 aux combattants des FDLR.
Ces violences s’ajoutent à un drame encore plus récent : deux volontaires de la Croix-Rouge de la RDC ont été assassinés le 16 juin dans le territoire de Walungu, au Sud-Kivu. Leur mission, qui consistait à superviser des travaux d’adduction d’eau, a basculé dans l’horreur lorsqu’ils ont été pris pour cible.
Une condamnation unanime face à l’insécurité persistante
Edgard Mateso, président national de la Croix-Rouge en RDC, a dénoncé avec fermeté cette attaque, la qualifiant de violation grave des principes humanitaires internationaux. Il a rappelé que ce drame met en lumière les dangers constants auxquels sont exposés les travailleurs humanitaires dans l’est du pays, où l’instabilité chronique menace chaque jour davantage les populations civiles.
