Le ministre des Finances, Abdourahmane Diouf, a largement développé la question controversée de la gestion des fonds politiques et des crédits alloués à la Primature sous Ousmane Sonko. Cette prise de parole intervient dans un contexte politique marqué par le ralliement récent du leader politique, qui a officiellement dissous son parti Awalé pour se fondre dans Kiiraay, le nouveau parti lancé le 25 juillet à Dakar par le président de la République.
Revenant sur les montants mis à la disposition d’Ousmane Sonko, Abdourahmane Diouf a rappelé les chiffres avancés dès sa prise de fonction à la Primature. « Il a déclaré qu’il disposait de 1 milliard 770 millions de francs CFA par trimestre », a-t-il souligné. Poursuivant son analyse sur la consommation de cette enveloppe, il a ajouté : « Ce que je sais, c’est qu’après avoir utilisé ces 1 milliard 770 millions de francs CFA, il est allé jusqu’à demander une rallonge… Cela veut dire que ce n’était pas suffisant ».
Face à ces arbitrages budgétaires, alors même que l’ancien Premier ministre avait dévoilé ce montant devant les députés le 22 mai dernier, quelques heures avant son limogeage, le patron de l’ex-parti Awalé s’est dit favorable à une reddition de comptes publique et exemplaire. « Ce que je souhaitais, c’était qu’on mette en place une commission d’enquête parlementaire, que toutes les télévisions et radios viennent filmer, afin qu’il nous dise où il a injecté cet argent », a-t-il affirmé.
Interrogé sur la différence de gouvernance et de posture entre Ousmane Sonko et le chef de l’État, Abdourahmane Diouf a tenu à saluer la rupture apportée par ce dernier. « Tous les Sénégalais savent que le président de la République dispose de fonds politiques. Tous les Sénégalais savent à combien s’élèvent ces fonds politiques, ce n’est pas un secret », a-t-il d’emblée posé. Selon lui, la véritable avancée réside dans la fin du dogme de l’opacité qui entourait jusqu’ici l’usage de ces crédits.
« Le président Diomaye a le mérite d’être venu déclarer publiquement devant tous les Sénégalais : « Les fonds politiques sont là, et je vais les utiliser de telle et telle manière » », a-t-il fait remarquer, affirmant la pleine légitimité de cette démarche. Abdourahmane Diouf a conclu en estimant que cette posture marque un tournant institutionnel majeur : « Nous sommes donc dans la transparence la plus complète dans l’exécution d’un budget voté par l’Assemblée nationale. Personne ne peut dire qu’il a utilisé cet argent là où il ne fallait pas ».
FocusKeyphrase: gestion des fonds politiques
