L’urgence de convoquer le Conseil supérieur de la magistrature au Cameroun
Dans son analyse politique diffusée ce lundi 8 juin 2026 sur les ondes de la Radio Tiémeni Siantou (90.5 FM à Yaoundé et Bafang), le journaliste camerounais Éric Boniface Tchouakeu alerte sur la nécessité immédiate d’organiser une session du Conseil supérieur de la magistrature.
Dans son éditorial politique de ce lundi 8 juin 2026, diffusé en version audio sur Radio Tiémeni Siantou (90.5 FM à Yaoundé et Bafang), le journaliste camerounais Éric Boniface Tchouakeu alerte sur l’impérieuse nécessité de convoquer sans délai le Conseil supérieur de la magistrature.
Le Président de la République a signé, le 2 juin 2026, un décret renouvelant les membres de cette institution. Parmi les quatorze membres, dix ont été reconduits pour un nouveau mandat de cinq ans, alors que leurs mandats étaient officiellement expirés depuis un an. Il est crucial de noter que le Conseil supérieur de la magistrature n’a pas siégé depuis août 2020, soit près de six années.
Cette situation, qualifiée de défaillance institutionnelle majeure par l’avocat et militant des droits humains Me Félix Nkongo Agbor Balla, menace gravement l’État de droit, l’indépendance de la justice et la confiance des citoyens envers le système judiciaire camerounais.
Chargé constitutionnellement de la gestion des carrières, de la discipline, de l’intégration et de la régulation éthique des magistrats, le Conseil supérieur de la magistrature voit ses missions essentielles paralysées. « L’inactivité prolongée de cette instance a affaibli de manière significative le secteur judiciaire », soulignait Me Agbor Balla dans une tribune publiée en janvier 2026.
L’une des conséquences les plus critiques réside dans l’impossibilité pour les magistrats issus de l’École Nationale d’Administration et de Magistrature (ENAM) ces six dernières années d’être officiellement intégrés dans le corps judiciaire. « Ces professionnels ne peuvent ni prêter serment ni exercer leur fonction juridictionnelle, créant un vide alarmant dans les juridictions nationales », déplore l’avocat.
Me Agbor Balla met en lumière une pénurie critique de magistrats au Cameroun, engendrant une surcharge des tribunaux, des détentions prolongées et des retards généralisés dans l’administration de la justice. « L’absence de sessions du Conseil prive les citoyens d’un accès rapide à la justice, d’autant que de nombreux postes restent vacants suite à des décès, départs à la retraite ou désengagements », explique-t-il.
Cette vacance a également conduit à des nominations contestables, notamment dans certaines juridictions administratives, où des juges ont été désignés sans l’avis préalable du Conseil supérieur de la magistrature, seul organe compétent pour ces décisions. « Les procédures disciplinaires sont bloquées, les promotions suspendues et les fautes professionnelles ne peuvent être examinées », dénonce Me Agbor Balla.
L’avocat conclut en soulignant que « les magistrats intègres sont découragés tandis que la corruption prospère en l’absence de tout contrôle ». Face à ce constat accablant, la tenue urgente du Conseil supérieur de la magistrature s’impose comme une évidence. Il est impératif de respecter scrupuleusement la législation en vigueur, qui prévoit deux sessions annuelles de cette instance.
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