Les États-Unis pourraient bientôt élargir la liste des pays visés par leurs opérations militaires. Selon des informations du Washington Post, l’administration de Donald Trump étudie la possibilité de mener des frappes contre le Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM), un groupe affilié à Al-Qaïda implanté au Mali.
D’après le quotidien américain, aucune décision n’a encore été prise. Le projet fait d’ailleurs l’objet de discussions au sein de l’administration. Sebastian Gorka, conseiller à la lutte contre le terrorisme au Conseil de sécurité nationale, compterait parmi les principaux défenseurs d’une intervention militaire, tandis que d’autres responsables s’interrogent sur l’opportunité d’une telle opération.
Le JNIM est aujourd’hui considéré comme l’un des groupes armés les plus puissants d’Afrique de l’Ouest. Basé au Mali, il a progressivement étendu ses opérations dans plusieurs pays côtiers de la région. Selon le Washington Post, la dégradation de la situation sécuritaire au Sahel a renforcé son influence ces dernières années.
Le quotidien américain souligne que plusieurs spécialistes du Sahel mettent en garde contre les conséquences d’une éventuelle campagne militaire. Corinne Dufka, experte indépendante du Sahel, a déclaré : « Si les États-Unis aident les autorités maliennes à éliminer les responsables du JNIM, cela pourrait se retourner contre eux. Ils risqueraient alors de gâcher une occasion de déradicaliser et de démobiliser l’une des organisations djihadistes les plus sophistiquées au monde. »
Certains estiment que de nouvelles frappes risqueraient de ne pas modifier durablement les équilibres sur le terrain, en rappelant que la France a déjà mené une intervention pendant dix ans dans la région, suivie par cinq années de présence russe, sans parvenir à enrayer l’expansion djihadiste.
Tandis que d’autres craignent qu’elles ne favorisent indirectement d’autres groupes armés présents dans la région, et notamment l’État islamique au Sahel, rival du JNIM qui pourrait profiter de son affaiblissement.
Il existe également la question d’une potentielle escalade avec les forces russes présentes au Mali. La Russie avait proposé ses services à de nombreux pays africains : en Guinée, au Burkina Faso, au Mali, en Centrafrique… Mais les résultats ne sont pas toujours probants, comme l’affirme un responsable américain : « Nous espérons que les autres nations africaines prendront note des piètres performances de la Russie dans la lutte contre le terrorisme. »
La situation au Sahel est complexe et nécessite une approche globale pour parvenir à une solution durable.
