Tchad : escroquerie immobilière à N’Djamena, un procès en cours

Un homme jugé pour escroquerie immobilière à N’Djamena

Le tribunal de grande instance de N’Djamena examine en ce moment un dossier complexe impliquant la vente présumée d’un même terrain à plusieurs acheteurs. L’accusé, incarcéré depuis plus de trois mois, est poursuivi pour escroquerie et détention illégale. Les faits remontent à des transactions immobilières controversées qui ont suscité de vives tensions au sein des familles concernées.

Procès pour vente frauduleuse de terrain à N'Djamena

Des sommes colossales et des menaces de mort

L’accusé aurait encaissé des montants considérables auprès de différents acquéreurs, variant entre 52 millions et 99,5 millions de francs CFA. En parallèle, des accusations de menaces de mort pèsent contre lui, aggravant la gravité des faits reprochés. Une audience marathon de plus de quatre heures a été nécessaire pour démêler les arguments des deux parties.

Des débats houleux entre défense et partie civile

Les débats ont été particulièrement vifs lors de l’audience. Les avocats des victimes réclament le remboursement intégral des sommes versées ainsi que des dommages et intérêts pour préjudice moral. De leur côté, les défenseurs de l’accusé contestent la légalité de sa garde à vue, estimant que celle-ci a duré plus de trois mois sans justification légale. Ils affirment que le terrain en question appartient légitimement à leur client, agissant au nom de ses frères, et que la situation résulte de manœuvres familiales visant à s’approprier illégalement le bien.

La défense plaide l’absence de fraude

Les avocats de la défense ont rejeté l’accusation d’escroquerie, arguant que leur client n’a jamais remis frauduleusement un bien à qui que ce soit. Ils ont invoqué les articles 213 et 214 du code pénal tchadien, soulignant que ces textes ne s’appliquent pas à la situation actuelle. La partie civile, en revanche, qualifie les agissements de l’accusé d’escroquerie caractérisée, soulignant qu’encaisser des fonds auprès de plusieurs personnes pour un même bien constitue une infraction évidente.

Le procureur requiert une condamnation

Le représentant du parquet a demandé la condamnation de l’accusé, insistant sur le caractère illégal de la perception de sommes importantes auprès de multiples victimes. Il a requis une amende de 500 000 francs CFA, tout en soulignant l’urgence d’une décision judiciaire pour mettre fin à cette affaire qui empoisonne les relations familiales et communautaires.

Un renvoi pour délibération

Le tribunal a finalement renvoyé l’affaire à une date ultérieure pour délibération. En attendant, l’accusé reste détenu à la maison d’arrêt de Klessoum. Un scénario similaire s’était déjà produit lors d’une audience précédente, le 1er juin, confirmant la complexité et les enjeux de ce dossier qui oppose plusieurs familles tchadiennes.