Sonko critique la gestion des fonds politiques par le président sénégalais

À l’occasion d’une intervention remarquée à l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal, a clairement exprimé son opposition à la gestion des fonds politiques par le chef de l’État. Ce vendredi, lors des questions d’actualité, il a qualifié de « faute » la position présidentielle sur ce dossier sensible, avant d’ajouter : « Je ne partage pas son analyse. Un ajustement de cette politique serait nécessaire. »

Une divergence historique sur les fonds politiques

Le Premier ministre a rappelé que la transparence des fonds politiques constitue un combat porté par son mouvement depuis plus d’une décennie. « Dès 2014, nous avons soulevé ce sujet. En 2019, notre programme en faisait une priorité, et en 2024, la situation reste inchangée », a-t-il déclaré. Il a insisté sur l’engagement pris par les autorités actuelles de ne jamais utiliser de ressources publiques sans contrôle adéquat.

Encadrer plutôt que supprimer : la solution proposée par Sonko

Face aux spéculations, il a tenu à préciser que l’objectif n’est pas d’éliminer ces fonds, mais de les soumettre à un mécanisme de supervision rigoureux, inspiré des modèles européens. « La suppression n’a jamais été envisagée. En revanche, un contrôle strict, similaire à celui en vigueur en France, doit être instauré », a-t-il expliqué. Cette approche vise à garantir une gestion exemplaire des deniers publics.

Fin des rumeurs sur un transfert des fonds

Démentant les rumeurs d’un éventuel transfert des fonds politiques vers la Primature, le Premier ministre a souligné que son administration dispose déjà d’un budget dédié dépassant le milliard de francs CFA. Pour lui, l’enjeu principal réside dans la gouvernance et la restauration de la confiance des citoyens, souvent sceptiques quant à l’utilisation de ces ressources. « Les Sénégalais craignent que ces fonds ne servent à financer des réseaux d’influence. Chaque franc doit être traçable », a-t-il martelé.