Le ministre ivoirien de l’Économie, des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a officiellement inauguré, en présence des autorités locales à Cocody, les nouveaux locaux du Centre d’Information du GIABA. Cette cérémonie marque une avancée majeure dans la lutte contre les flux financiers illicites en Afrique de l’Ouest.
Ce projet, porté par le gouvernement ivoirien dans le cadre de l’Accord de Siège, s’inscrit dans une dynamique de renforcement des dispositifs régionaux dédiés à la prévention et à la répression de la criminalité financière. L’infrastructure mise à disposition du GIABA illustre l’engagement continu de la Côte d’Ivoire en faveur de la stabilité économique et financière.
La création du Centre d’Information d’Abidjan remonte à une décision historique du Conseil des ministres de la CEDEAO, adoptée lors de sa 65e session à Abuja en 2010. Cette initiative avait alors prévu la mise en place de deux pôles : l’un à Lagos pour les pays anglophones, l’autre à Abidjan pour les États francophones et lusophones de la région.
Les locaux inaugurés aujourd’hui succèdent à ceux ouverts en 2015, après la signature de l’Accord de Siège entre la Côte d’Ivoire et le GIABA, à Yamoussoukro, lors du 44e Sommet des chefs d’État de la CEDEAO.
Un outil stratégique face aux défis croissants du blanchiment
Adama Coulibaly a souligné l’importance de cette infrastructure face à l’évolution des mécanismes de blanchiment et de financement du terrorisme. Ces pratiques, de plus en plus complexes, nécessitent une réponse concertée à l’échelle régionale.
« Aucun pays ne peut, seul, relever ces défis », a-t-il déclaré. Pour lui, la mutualisation des ressources, des compétences et des informations est désormais indispensable pour une lutte efficace contre ces phénomènes transfrontaliers.
Le nouveau centre se positionne comme une plateforme régionale dédiée à la sensibilisation, au renforcement des capacités, à la recherche et à la documentation. Il vise à servir l’ensemble des États membres de la CEDEAO et à renforcer leur coopération dans ce domaine.
Un centre d’excellence au service de la lutte contre la criminalité financière
Le Directeur général du GIABA, Edwin W. Harris Jr., a rappelé le rôle clé joué par le Centre d’Abidjan depuis son ouverture en 2015. Il a mis en avant les nombreuses initiatives menées : journées portes ouvertes pour les jeunes, conférences publiques, concours d’art oratoire, et formations ciblées pour les médias, les leaders religieux et la société civile.
Ces activités ont également contribué à l’évaluation mutuelle des États membres, un processus essentiel pour harmoniser les pratiques et renforcer l’efficacité des dispositifs nationaux.
Avec ses nouveaux locaux, le Centre entend franchir une nouvelle étape. Selon Edwin W. Harris Jr., cette infrastructure représente un investissement stratégique pour les États francophones et lusophones de la CEDEAO. Elle deviendra un carrefour régional du savoir et de l’innovation, favorisant la coopération et le partage de bonnes pratiques.
Une plateforme ouverte à tous les acteurs clés
Le Directeur général a appelé les administrations publiques, les institutions financières, les professionnels assujettis et les partenaires techniques à s’approprier ce nouvel espace. Les formations, conférences et activités organisées ici s’adresseront également aux universités, aux centres de recherche, aux médias et aux organisations de la société civile.
Une attention particulière sera portée à la jeunesse, aux étudiants et aux jeunes professionnels. L’objectif est clair : faire de ce centre un lieu d’apprentissage, d’innovation et d’engagement en faveur de la transparence financière et de la bonne gouvernance.
Un Centre de Formation Assistée par Ordinateur (CBT) pour professionnaliser les acteurs
L’une des innovations majeures de ces nouveaux locaux réside dans l’intégration d’un Centre de Formation Assistée par Ordinateur (CBT). Cet outil permettra de proposer des modules adaptés à chaque profil : autorités compétentes, institutions financières, magistrats, services d’enquête, universitaires et autres acteurs impliqués dans la lutte contre les flux illicites.
Les formations, sanctionnées par des certificats, contribueront à professionnaliser les experts régionaux et à renforcer les compétences locales en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).
Un héritage pour la région
Cette inauguration revêt une dimension symbolique particulière pour Edwin W. Harris Jr., dont le mandat à la tête du GIABA s’achève fin août 2026. L’ouverture des nouveaux locaux, quelques jours avant cette échéance, témoigne d’une volonté de laisser aux États membres un outil durable.
Ce centre vise à renforcer la coopération, le partage d’informations et le développement des compétences dans la lutte contre la criminalité financière, assurant ainsi une continuité des actions engagées.
