Un cri d’alarme de la CENCO face à la dégradation nationale
La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a partagé, ce samedi 20 juin, une mise en garde solennelle sur l’état actuel de la République démocratique du Congo. À l’issue d’une assemblée plénière exceptionnelle organisée à Kinshasa, les évêques catholiques ont qualifié le pays de « nation en péril », soulignant l’urgence d’agir face à une crise aux dimensions multiples.
![[Archives] Les évêques de la CENCO le 17/11/2019 au Stade des Martyrs de Kinshasa. Photo Présidence RDC.](https://zoneaes.info/wp-content/uploads/2026/06/scraped-1781982346954-2q9vma.jpg)
Une situation sécuritaire toujours explosive dans l’Est
Parmi les principales inquiétudes de la CENCO figure la dégradation continue de la situation sécuritaire dans les provinces orientales du pays. Malgré les multiples accords de paix signés ces dernières années, les violences persistent, alimentées par la multiplication des groupes armés et les exactions contre les populations civiles. Les massacres récurrents et l’exode massif des habitants vers des zones plus sûres illustrent l’ampleur de la crise humanitaire.
Pour l’épiscopat congolais, la situation dans l’Est ne se limite pas à un simple conflit local : elle menace directement la stabilité régionale et la cohésion nationale, deux piliers essentiels à la survie de la nation.
Des progrès économiques maigres face à la précarité généralisée
Si la CENCO reconnaît quelques avancées dans le domaine des infrastructures, notamment routières, elle souligne que ces mesures restent largement insuffisantes pour améliorer le quotidien des Congolais. La majorité de la population continue de subir une précarité endémique, source de frustrations croissantes et d’inégalités sociales toujours plus marquées.
Les évêques insistent sur l’urgence de transformer ces efforts ponctuels en une politique socio-économique globale, capable de répondre aux besoins fondamentaux des citoyens.
Tensions politiques : un risque de déstabilisation majeur
C’est sur le front politique que les alertes de la CENCO prennent une tournure particulièrement préoccupante. Les évêques dénoncent un débat controversé autour d’une possible révision de la Constitution, mené dans un climat de tension et de répression des opposants. Selon eux, cette initiative pourrait, si elle est imposée par la force, ébranler les fondements mêmes de l’État de droit.
« Les conséquences pourraient être dramatiques », avertissent-ils, évoquant le risque d’une escalade violente et d’une fragmentation du pays. La CENCO appelle le chef de l’État à respecter scrupuleusement son engagement constitutionnel et à privilégier le dialogue pour éviter une crise aux répercussions imprévisibles.
Un appel à l’unité et à la responsabilité collective
Au-delà des constats alarmants, le message des évêques s’articule autour d’un plaidoyer en faveur de la paix, de l’unité et d’un avenir commun. Face à une conjoncture marquée par des crises à répétition, ils exhortent tous les acteurs politiques et sociaux à faire preuve de sagesse et de responsabilité.
La CENCO rappelle que la préservation de la nation congolaise repose sur des choix éclairés aujourd’hui, afin d’éviter une dérive aux conséquences irréversibles pour les générations futures.
