RDC : la Cour des comptes épingle les lacunes de la gouvernance Tshisekedi

Félix Tshisekedi, chef de l'État de la RDC, lors d'un discours à Kinshasa en octobre 2025.

La Cour des comptes de la République démocratique du Congo (RDC) vient une nouvelle fois de tirer la sonnette d’alarme sur les dérives persistantes dans la gestion des finances publiques sous l’ère du président Félix Tshisekedi. Dans un rapport rendu public ce mois-ci, l’institution financière a pointé du doigt des failles majeures dans l’administration des fonds publics, soulignant des irrégularités répétées et un manque criant de transparence.

Des irrégularités financières qui persistent malgré les promesses

Malgré les engagements pris par le gouvernement pour assainir la gouvernance économique, le rapport de la Cour des comptes révèle une réalité bien différente. Plusieurs secteurs clés, notamment celui des mines, affichent des dysfonctionnements persistants. Les gestionnaires publics continuent d’être pointés du doigt pour des dépenses non justifiées ou des détournements présumés, mettant en lumière l’inefficacité des mécanismes de contrôle en place.

Parmi les exemples les plus marquants, l’institution a souligné le cas de la Société des Mines de Kilo-Moto, où des irrégularités dans la gestion des ressources ont été documentées. Ces manquements, selon les auditeurs, ont entraîné des pertes financières significatives pour l’État congolais, aggravant encore la situation économique déjà fragile du pays.

Un manque de rigueur dans la traçabilité des fonds publics

Le rapport met en évidence un manque flagrant de rigueur dans le suivi des dépenses publiques. Les fonds alloués à des projets prioritaires, comme les infrastructures ou les services sociaux, ne sont pas toujours utilisés à bon escient. Les auditeurs ont noté des virements opaques, des factures douteuses et des dépenses fantômes, autant de pratiques qui sapent la crédibilité des institutions congolaises.

Les experts de la Cour des comptes ont également pointé l’absence de sanctions contre les responsables de ces manquements. Selon eux, cette impunité encourage la récidive et affaiblit davantage la confiance des citoyens dans leurs dirigeants.

Quelles solutions pour sortir de cette impasse ?

Face à ces constats accablants, les recommandations de la Cour des comptes sont claires : renforcer les contrôles, appliquer des sanctions dissuasives et instaurer une transparence totale dans la gestion des finances publiques. L’institution appelle à une réforme en profondeur des procédures administratives pour éviter que ces dérives ne se reproduisent.

Les observateurs s’interrogent désormais sur la volonté politique réelle du gouvernement pour appliquer ces mesures. Alors que la RDC tente de se relever après des années de crise, la question de la bonne gouvernance reste plus que jamais au cœur des débats nationaux.

Un défi majeur pour l’État congolais

La gestion saine des ressources publiques est un enjeu crucial pour la stabilité et le développement de la RDC. Si les irrégularités actuelles persistent, elles pourraient aggraver les inégalités sociales et freiner la croissance économique. Les autorités congolaises se trouvent donc face à un défi de taille : réformer en profondeur ou risquer de voir s’effriter encore davantage la confiance des partenaires internationaux et des citoyens.

Dans ce contexte, la pression sur le président Félix Tshisekedi s’intensifie. Les attentes sont élevées, et les prochains mois seront déterminants pour savoir si le gouvernement parviendra à redresser la barre et à restaurer l’intégrité financière de l’État.