Président caméroun absence prolongée : qui gère le pays ?

Le Cameroun fait face à une interrogation majeure depuis près de deux mois : où se trouve le président Paul Biya ? Entre spéculations sur son état de santé et débats sur la gestion du pouvoir, cette absence prolongée interroge une nation habituée à la longévité politique de son dirigeant. À 93 ans, le chef de l’État reste le plus âgé au monde, réélu en 2025 dans un scrutin marqué par des contestations.

Depuis le 7 juin dernier, Paul Biya n’a pas foulé le sol camerounais. Il séjourne en Suisse, à Genève, officiellement pour un court séjour privé. Une situation inédite en quarante-quatre ans de présidence : jamais le président n’avait quitté le pays pour une durée aussi longue en déplacement non officiel. « Le Cameroun est un pays où la réalité dépasse souvent l’absurde. Entretenir un système où un dirigeant de 93 ans passe plus de temps à l’étranger qu’au palais, cela en dit long sur l’état de nos institutions », soulignent des observateurs locaux.

Pourtant, malgré cette absence physique, les rouages administratifs continuent de fonctionner au nom du président. Les derniers décrets présidentiels, signés depuis Genève, en attestent. Le dernier en date, publié le 3 août, officialise un remaniement majeur au sein de l’armée. Plusieurs officiers ont été nommés à des postes stratégiques, un acte administratif qui soulève des questions sur la véritable chaîne de décision.

La société civile et les partis d’opposition multiplient les interrogations. Certains n’hésitent pas à évoquer une crise de gouvernance, tandis que d’autres s’interrogent sur la capacité du Cameroun à assurer une transition sereine. Dans l’ombre, des rumeurs persistent, alimentées par l’opacité qui entoure cette absence. « Le pouvoir est-il vacant ? Qui prend les décisions en l’absence du président ? », s’interrogent des citoyens à Yaoundé et Douala.

Face à ce vide apparent, la présidence camerounaise maintient sa communication officielle. Les actes signés à distance, bien que rares, confirment que l’appareil d’État reste en marche. Mais pour combien de temps encore ? La question de la légitimité institutionnelle se pose avec une acuité croissante, alors que le pays attend des clarifications sur la situation réelle du président Biya.