Les autorités du Burkina Faso ont pris la décision de fermer la principale mosquée sunnite de la capitale, Ouagadougou. Cette mesure intervient à la suite de manifestations de fidèles protestant contre l’interpellation d’un imam influent, connu pour ses critiques à l’égard du régime militaire en place.
Fermeture temporaire de la mosquée de Ouagadougou
Le gouvernement militaire burkinabè a officiellement annoncé la fermeture de la grande mosquée sunnite de Ouagadougou, précisant que cette mesure serait maintenue « jusqu’à nouvel ordre ». Cette décision, émanant du gouverneur de la région de la capitale, est justifiée par des « risques avérés de troubles à l’ordre public ». Elle fait suite à plusieurs jours de vives tensions liées à l’arrestation de Mohamad Ishaq Kindo, un éminent imam et prédicateur sunnite.
Mobilisation des fidèles et arrestations massives
Dès l’interpellation de l’imam Kindo mardi, des rassemblements spontanés de fidèles ont eu lieu aux abords de la mosquée, exigeant sa libération immédiate. Les forces de sécurité ont procédé à la dispersion de ces manifestations. D’après nos informations, près d’une centaine de partisans de l’imam ont été appréhendés et conduits dans un camp des Compagnies républicaines de sécurité. Là, ils seraient soumis à une « formation civique et citoyenne ».
Des images circulant en ligne semblent montrer des individus en uniforme militaire effectuant des exercices physiques et des prières, sous l’œil attentif de soldats. L’authenticité de ces séquences n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante.
L’imam Kindo, une voix critique face au pouvoir
Mohamad Ishaq Kindo s’était distingué récemment en exprimant publiquement son opposition à un projet de loi destiné à renforcer le contrôle de l’État sur les pratiques religieuses au Burkina Faso. Son arrestation s’inscrit dans une période de consolidation et de durcissement du régime militaire, conduit par le capitaine Ibrahim Traoré, qui a pris les rênes du pays à la suite d’un coup d’État en septembre 2022.
