Mgr Fulgence Muteba : le référendum en RDC, une erreur en pleine guerre

Mgr Fulgence Muteba, président de la Conférence épiscopale nationale (Cenco) en RDC.

Le référendum constitutionnel en RDC : un projet controversé en pleine crise sécuritaire

Alors que la République démocratique du Congo (RDC) fait face à une insécurité persistante, notamment dans l’est du pays, la proposition d’un référendum constitutionnel soulève de vives inquiétudes. Mgr Fulgence Muteba, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), s’est exprimé sans détour sur cette initiative : « Le référendum n’est pas bienvenu parce que le pays est en guerre ». Une position qui reflète les tensions autour de ce projet.

Une initiative jugée inopportune par l’Église congolaise

Pour Mgr Fulgence Muteba, la tenue d’un référendum dans le contexte actuel représenterait une erreur stratégique. La Cenco, principale instance religieuse du pays, alerte sur les risques d’aggravation des divisions sociales et politiques. « Organiser un tel scrutin alors que des milliers de Congolais subissent les conséquences des conflits armés n’est pas une solution », a-t-il déclaré. Une position qui s’ajoute aux critiques déjà nombreuses envers le projet.

Les enjeux politiques derrière le référendum

Le débat autour du référendum constitutionnel s’inscrit dans un contexte politique tendu. Plusieurs acteurs, dont des responsables religieux et des opposants, remettent en cause la légitimité de cette démarche. Joseph Kabila, ancien président de la RDC, et Félix Tshisekedi, actuel chef de l’État, sont au cœur des discussions. Certains y voient une tentative de modifier les règles du jeu politique, tandis que d’autres craignent une déstabilisation accrue du pays.

La Cenco rappelle que la priorité doit rester la stabilisation du pays et la protection des populations civiles. « La paix ne se décrète pas, elle se construit », insiste Mgr Muteba, soulignant l’importance de privilégier le dialogue et la réconciliation.

Un appel à la prudence pour éviter une crise plus profonde

Face aux risques de polarisation, la Cenco exhorte les autorités à reconsidérer leur approche. Selon elle, un référendum en période de guerre ne ferait qu’exacerber les tensions et affaiblir davantage l’unité nationale. « Le moment n’est pas propice à une telle initiative », martèle l’Église congolaise, qui appelle à une réflexion collective sur l’avenir du pays.

Alors que les défis sécuritaires persistent, la question du référendum reste au cœur des préoccupations. Entre nécessité de réforme et impératif de stabilité, la RDC doit trouver un équilibre pour éviter une crise encore plus profonde.