Dans une démarche diplomatique remarquée, la Mauritanie a envoyé deux délégations successives à Yaoundé en l’espace d’une semaine pour plaider la cause de sa candidate à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie. Le président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a ainsi dépêché une seconde émissaire, Bessouda Mohamed Laghdaf, ministre de l’Environnement, afin de remettre un message officiel au président camerounais Paul Biya.
L’objectif était clair : obtenir le soutien du Cameroun pour la candidature de Coumba Bâ, conseillère à la présidence mauritanienne, au poste de Secrétaire général de l’OIF. Cette visite s’inscrit dans une stratégie de lobbying intense menée par Nouakchott auprès des pays africains et des institutions internationales.
Une audience décisive et un message sans ambiguïté
C’est Ferdinand Ngoh Ngoh, ministre d’État et secrétaire général de la présidence camerounaise, qui a reçu Bessouda Mohamed Laghdaf en fin de journée, Paul Biya étant absent de la capitale camerounaise. L’entretien, d’une durée d’environ trente minutes, s’est déroulé dans un cadre strictement confidentiel, comme en témoigne la remise d’un pli fermé destiné au chef de l’État camerounais.
« Nous avons transmis un message de notre président, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à son homologue Paul Biya. Ce pli contenait des propositions concrètes pour renforcer notre collaboration », a précisé la ministre mauritanienne à l’issue de l’audience. Cette démarche s’ajoute à celle de Mohamed Salem Ould Merzoug, ministre mauritanien des Affaires étrangères, qui s’était déjà rendu à Yaoundé une semaine plus tôt pour porter un premier courrier.
Une réciprocité diplomatique et un partenariat gagnant-gagnant
La stratégie mauritanienne ne relève pas du hasard. En 2025, le Cameroun avait soutenu la candidature de Sidi Ould Tah à la présidence de la Banque africaine de développement, une initiative qui avait abouti à une victoire de la Mauritanie. Nouakchott mise donc sur une logique de réciprocité pour obtenir un soutien similaire dans sa quête pour l’OIF.
« Nous recherchons un partenariat gagnant-gagnant », a souligné Bessouda Mohamed Laghdaf, mettant en avant le rôle clé que pourrait jouer le Cameroun dans l’équilibre des forces au sein de l’organisation. La Mauritanie ne compte pas s’arrêter là : elle multiplie les consultations auprès d’autres institutions comme l’Organisation de la Coopération islamique et la Banque islamique de développement pour consolider ses appuis.
Pour l’heure, Yaoundé n’a pas encore officialisé sa position. La réponse, attendue avec impatience, pourrait déterminer en grande partie l’issue de cette candidature.
