Une visite officielle pour relancer l’alliance franco-marocaine
Le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, a effectué une visite officielle à Rabat ce jeudi 15 juillet, marquant une volonté commune de renforcer la coopération entre la France et le Maroc. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité du rapprochement initié par Emmanuel Macron et le roi Mohammed VI, avec une possible visite du monarque en France à l’étude.
La relation entre Paris et Rabat connaît un regain d’intérêt depuis la reconnaissance par la France, à l’été 2024, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Cette décision avait provoqué une vive réaction d’Alger, mettant fin à trois années de tensions diplomatiques. Ces dernières avaient été marquées par des soupçons d’espionnage et une crise des visas.
Le chef de l’État français avait été reçu en grande pompe à Rabat en octobre 2024, scellant un « partenariat renforcé d’exception » et signant de nombreux contrats. Jeudi, un consortium de médias internationaux a publié de nouvelles enquêtes sur l’utilisation présumée du logiciel espion Pegasus par le Maroc, ainsi que sur l’intérêt de la France pour son acquisition. Malgré ces révélations, aucun commentaire n’a été formulé ni par l’entourage du Premier ministre ni par le Quai d’Orsay.
Sécurité et lutte contre le terrorisme au cœur des discussions
Sébastien Lecornu a été accueilli avec les honneurs militaires à l’aéroport de Rabat-Salé, accompagné de douze ministres, dont ceux des Affaires étrangères et de l’Intérieur. Au programme de cette visite : un dépôt de gerbes au mausolée royal, en hommage aux rois Mohammed V et Hassan II, suivi d’un entretien avec son homologue marocain, Aziz Akhannouch.
Lors de cette 15e « rencontre de haut niveau » entre les deux délégations, qui n’avait plus eu lieu depuis 2019, le Premier ministre français a évoqué un « moment charnière » pour les relations bilatérales. Il a souligné les « intérêts convergents » des deux pays sur le continent africain, notamment en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme au Sahel.
Le Maroc est désormais perçu comme un partenaire clé pour Paris dans la région, alors qu’Alger reste en retrait malgré la reprise du dialogue franco-algérien. « Nous voulons renforcer le cadre de coopération et de confiance avec les Marocains », a réagi l’entourage du président français.
Un partenariat économique et sécuritaire en perspective
Le roi Mohammed VI a salué, à l’occasion du 14-Juillet, la « consolidation » des « relations privilégiées » entre les deux nations. Une visite du monarque en France et la signature d’un « traité d’amitié hors normes » sont envisagées, bien qu’aucune date ne soit encore fixée.
Les discussions ont porté sur l’accélération des engagements pris dans le cadre du partenariat de 2024, ainsi que sur des projets concrets. Quinze accords devraient être signés dans les domaines économique, sécuritaire, migratoire et de défense. Parmi les projets phares : l’étude d’une ligne de RER à Rabat et des partenariats dans l’armement.
Aziz Akhannouch a insisté sur la nécessité de « préparer les prochaines étapes » pour concrétiser ces engagements. Paris mise désormais sur Rabat pour renforcer sa présence au Maghreb, abandonnant toute tentative de maintenir un équilibre avec Alger.
