Loi électorale au Sénégal : Sonko en route pour 2029 ?

loi électorale au Sénégal : Sonko en route pour 2029 ?

Le chef de l’État sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a ratifié une réforme majeure du code électoral, un texte qui pourrait officiellement permettre au Premier ministre Ousmane Sonko de briguer la présidence en 2029. Signé par décret présidentiel samedi, ce changement législatif suscite déjà des remous au sein du Pastef, révélant les fractures d’une alliance politique jusqu’alors unie.

De nouvelles décisions divisent, le divorce est prononcé entre Bassirou Diomaye Faye et le Pastef

Cette décision intervient dans un climat politique tendu, marqué par des tensions internes au sein du parti au pouvoir. Plusieurs cadres du Pastef craignaient que le président Faye ne cherche à bloquer ou ralentir l’adoption de cette réforme, soupçonnant des motivations personnelles dans la gestion de ce dossier. Ousmane Sonko, empêché de se présenter à la présidentielle de mars 2024 en raison d’une condamnation pour diffamation, avait vu ses droits civiques suspendus. À l’époque, il avait choisi Bassirou Diomaye Faye comme candidat de remplacement, un choix qui avait scellé leur alliance.

Une réforme électorale sous le feu des critiques

Le texte, adopté une première fois le 28 avril par l’Assemblée nationale, avait été renvoyé pour une nouvelle lecture après que le président Faye eut évoqué des « erreurs matérielles ». Une décision qui avait provoqué des remous au sein du parti, certains accusant le chef de l’État de vouloir freiner l’adoption de la loi. Finalement, les députés ont validé une seconde fois le projet le 9 mai, avant sa promulgation officielle par décret présidentiel.

Parmi les principales modifications apportées par cette réforme figurent le réaménagement des conditions de déchéance civique et une limitation à cinq ans de la durée de cette suspension des droits. Le caractère rétroactif de la loi, l’un des points les plus débattus, pourrait permettre à Ousmane Sonko de retrouver son éligibilité pour 2029. Rappelons que le leader du Pastef avait été condamné en mai 2023 à six mois de prison avec sursis et à des dommages et intérêts pour diffamation, à la suite d’une plainte déposée par un ministre sous l’ère Macky Sall. Cette décision avait ensuite été confirmée par la Cour suprême en janvier 2024, quelques semaines avant le scrutin présidentiel.

Ousmane Sonko : entre espoirs et incertitudes politiques

Malgré sa condamnation, Ousmane Sonko avait été élu député lors des législatives de novembre 2024 avant d’abandonner son siège pour conserver son poste de Premier ministre. Cependant, la réforme du code électoral relance les spéculations sur son avenir politique. En juillet 2025, la Cour suprême avait rejeté un nouveau recours introduit par Sonko, renforçant les doutes quant à son éligibilité future. Pourtant, avec cette nouvelle loi, les perspectives semblent s’éclaircir pour le leader du Pastef, dont la candidature en 2029 pourrait désormais être envisageable.

Les prochains mois s’annoncent décisifs pour le parti, alors que les tensions internes persistent et que les observateurs scrutent chaque mouvement politique. La promulgation de cette réforme électorale marque un tournant dans la stratégie du camp présidentiel, mais aussi dans l’équilibre des forces au sein du Pastef.