L’Algérie et le Mali : un pas vers l’apaisement des relations bilatérales

Après une période de fortes turbulences diplomatiques, l’Algérie et le Mali s’engagent sur la voie de la normalisation. Les deux nations ont simultanément annoncé le retour de leurs représentants diplomatiques respectifs et la levée des restrictions sur leurs espaces aériens, marquant un tournant décisif dans des relations bilatérales précédemment tendues.

Les liens entre Alger et Bamako s’étaient sérieusement dégradés ces derniers mois. Le gouvernement malien actuel avait notamment exprimé de vives critiques, accusant son voisin algérien d’ingérence dans ses affaires intérieures. Cette situation avait conduit à une détérioration significative du dialogue.

Dans un geste d’apaisement, les autorités maliennes ont déclaré « la réouverture de l’espace aérien national à l’ensemble des aéronefs civils et militaires assurant des vols en provenance ou à destination » de l’Algérie. Parallèlement, le Mali a confirmé le retour de son ambassadeur à Alger, rappelé en avril de l’année précédente, sans toutefois spécifier de date précise pour cette reprise de fonction.

Quelques heures avant l’annonce de Bamako, Alger avait déjà pris une initiative similaire. Le ministère algérien de la Défense avait précisé que sa décision de rouvrir l’espace aérien à son voisin était effective dès ce vendredi, englobant « tous les vols aériens à destination et en provenance du Mali à travers les différentes destinations internationales ». L’Algérie a également confirmé le retour de son ambassadeur au Mali.

Retour des ambassadeurs et l’incident du drone

Kamel Retieb, l’ambassadeur algérien qui avait été rappelé de Bamako, reprendra ses fonctions. Son rappel faisait suite à une vive querelle déclenchée en avril de l’année précédente par la destruction d’un drone malien par les forces algériennes. Cet événement avait alors exacerbé les tensions entre les deux pays du Sahel.

Historiquement, l’Algérie a joué un rôle prépondérant dans la médiation de l’accord de paix de 2015 entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord. Cependant, l’influence d’Alger a été remise en question par les nouvelles autorités de Bamako, qui ont maintenu leurs accusations d’ingérence. Le Mali, pour sa part, fait face depuis 2012 à une crise sécuritaire persistante, alimentée par des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi que par des bandes criminelles.

La destruction du drone militaire malien près de la frontière commune avait marqué un point culminant dans la crise diplomatique. Alger avait justifié son action en invoquant une violation de son espace aérien, tandis que Bamako affirmait que l’appareil se trouvait sur son propre territoire. Cet incident avait entraîné le rappel des ambassadeurs, la fermeture réciproque des espaces aériens et des échanges d’accusations, impliquant également d’autres pays de l’Alliance des États du Sahel (Mali, Burkina Faso et Niger).

Les tensions avaient été par ailleurs accentuées en avril par le soutien exprimé par le Mali au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, une position en totale opposition avec celle de l’Algérie.

Malgré ces épisodes conflictuels, les deux nations partagent une longue frontière et des défis sécuritaires communs majeurs, notamment la lutte incessante contre les groupes jihadistes qui sévissent dans la zone Sahel. Ce rapprochement est donc une actualité positive pour la stabilité régionale.