Kémi Séba, influenceur panafricain : son rôle dans la propagande russe en Afrique

Un militant panafricain au cœur des polémiques

En Afrique francophone, Kémi Séba, militant panafricain originaire du Bénin, incarne une figure controversée. Avec plus d’un million d’abonnés sur Facebook et des vidéos virales sur YouTube, il séduit un large public. Récemment, il a été privé de la nationalité française par un décret publié au Journal officiel français. Dans un message publié sur Twitter, il a réagi avec ironie : « Plus de nationalité française, gloire à Dieu. Libéré je suis de ce fardeau ».

Son parcours est marqué par des condamnations, notamment pour incitation à la haine raciale. Ancien leader de la Tribu Ka, un groupe dissous en 2006 pour ses positions suprématistes et antisémites, il se présente aujourd’hui comme un révolutionnaire africain du XXIe siècle.

Un relais influent des réseaux d’influence russes

Depuis plusieurs années, Kémi Séba est au centre des attentions des observateurs politiques. Selon Jeune Afrique, qui lui a consacré une enquête en 2023, il aurait bénéficié de financements directs d’Evgueni Prigojine, ancien patron du groupe Wagner, décédé en août 2023. Ce dernier, chargé par Vladimir Poutine de renforcer l’influence russe en Afrique, aurait activement soutenu les actions de Kémi Séba, notamment via son ONG Urgence Panafricaines.

Son influence s’étend bien au-delà des frontières africaines. Il multiplie les conférences internationales, de l’Iran au Brésil, en passant par la Russie et le Venezuela. Il a même été invité au sommet Russie-Afrique à Saint-Pétersbourg, où il a pu échanger avec des dirigeants prorusses.

Un activiste anti-occidental et anti-français

En France, Kémi Séba a été pointé du doigt par la commission Défense de l’Assemblée nationale en 2023. Il a été accusé d’être un « relais de la propagande russe » et de servir « une puissance étrangère qui alimente le sentiment anti-français ». Ses cibles principales ? La Françafrique et le franc CFA, qu’il qualifie de « monnaie coloniale ».

Sans jamais reconnaître son allégeance à Moscou, il apporte systématiquement son soutien aux pays africains qui se tournent vers la Russie après avoir rompu leurs liens avec la France. Niger, Mali, Burkina Faso : à chaque coup d’État, il applaudit ces changements. « D’autres pays vont rejoindre cette dynamique-là, on y travaille fortement », déclarait-il récemment.