Julian Alvarez ou Lautaro Martinez : le casse-tête de Lionel Scaloni pour l’attaque de l’Argentine

« Julian ou Lautaro ? », telle est la question qui anime les débats au sein de l’Albiceleste. Comme lors de la Coupe du monde 2022 ou de la dernière Copa America, Lionel Scaloni doit trancher entre Alvarez et Martinez pour occuper la pointe de l’attaque de l’Argentine. Une seule certitude demeure : l’autre place sur le front offensif appartient à Lionel Messi, dont le récent triplé lors du match inaugural a clos toute discussion sur son statut.

C’est un problème de riche pour le sélectionneur argentin. Avec le buteur de l’Inter Milan et celui de l’Atletico Madrid, il dispose de deux des avants-centres les plus convoités du marché mondial. Si la valeur marchande ne fait pas tout, elle souligne la qualité exceptionnelle des deux options : environ 85 millions d’euros pour Martinez et 100 millions pour Alvarez, ce dernier étant d’ailleurs au centre de toutes les attentions en ce mercato estival.

Argentina's forward #09 Julian Alvarez and forward #22 Lautaro Martinez take part in an MD-1 training session at Sporting KC Training Centre in Kansas City, on June 15, 2026, on the eve of the 2026 World Cup Group H football match between Argentina and Algeria. (Photo by JUAN MABROMATA / AFP)

Deux profils, deux styles : le Taureau contre l’Araignée

Bien qu’ils affichent une taille similaire (un peu plus d’1m70), Martinez et Alvarez proposent des solutions tactiques différentes. Titularisé lors de la première rencontre, Lautaro Martinez, 28 ans, se distingue par son efficacité dans les airs. Son jeu de tête lui permet d’être une menace constante sur coups de pied arrêtés, là où Julian Alvarez n’a pas encore marqué de la sorte cette saison. Redoutable dans la surface, capable de gestes acrobatiques comme son récent but contre le Pérou, Martinez est aussi précieux dans son repli défensif et sa capacité à jouer dos au but.

De son côté, Julian Alvarez, surnommé « La Araña », mise sur sa qualité de dribble et sa capacité à percuter balle au pied. Plus altruiste dans le jeu collectif avec huit passes décisives à son actif, il offre une plus grande polyvalence technique, capable de frapper des deux pieds à longue distance ou de s’extirper de petits espaces. Contrairement à « El Toro » qui privilégie les appels en profondeur, Alvarez participe davantage à la construction des actions.

L’efficacité statistique face à l’histoire récente

Le paradoxe de Lautaro Martinez réside dans ses statistiques en Coupe du monde : il n’y a toujours pas trouvé le chemin des filets en huit apparitions. Sa hiérarchie avait basculé lors du Mondial 2022, où Alvarez lui avait chipé la place de titulaire dès le troisième match de poule. Avec quatre buts cruciaux lors de cette épopée, dont un doublé en demi-finale face à la Croatie, le joueur formé à River Plate était devenu le numéro 1 aux yeux de Lionel Scaloni.

Pourtant, depuis le sacre en Copa America 2024, les chiffres penchent en faveur de Martinez. Ce dernier a inscrit treize buts en 1180 minutes sous le maillot national, contre seulement sept réalisations pour Alvarez en 1600 minutes de jeu. Cette efficacité retrouvée relance totalement la concurrence pour le poste de titulaire.

L’ombre du mercato plane sur Julian Alvarez

La condition physique et l’avenir en club pèsent également dans la balance. Julian Alvarez a vu sa préparation perturbée par une blessure au mollet contractée avec l’Atletico Madrid. Ses quelques minutes disputées contre l’Algérie marquaient son retour à la compétition après plus d’un mois d’absence. Bien que Scaloni assure que son joueur est opérationnel pour affronter l’Autriche ce lundi, l’aspect psychologique entre en ligne de compte.

L’attaquant est en effet au cœur d’un feuilleton majeur du mercato. Sous contrat jusqu’en 2030 avec l’Atletico, il aurait exprimé son souhait de ne plus évoluer sous la direction de Diego Simeone. Courtisé par le PSG, Arsenal et surtout le FC Barcelone, Alvarez pourrait voir son été s’étirer bien au-delà des terrains de la Coupe du monde. Reste à savoir si cette incertitude sur son futur influencera son rendement lors des prochaines échéances de l’Argentine.