Gabon : une mission clé de l’ONU pour évaluer la lutte contre la corruption

Depuis le 29 juin, Libreville abrite une mission d’évaluation internationale cruciale pour le Gabon. Pendant trois jours, des experts de l’ONU, des représentants des administrations gabonaises et des institutions locales analysent les progrès réalisés dans la prévention de la corruption et le recouvrement des actifs illicites. Une démarche saluée par le vice-président du Gouvernement, Hermann Immongault, le président de la CNLCEI, Nestor Mbou, et le point focal national de l’ONUDC, Séraphin Ondoumba.

Cette évaluation s’inscrit dans le cadre du deuxième cycle du Mécanisme d’examen de l’application de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC). Son objectif ? Mesurer les avancées du pays en matière de transparence et identifier les axes d’amélioration pour renforcer la gouvernance publique.

La corruption, un défi majeur pour la stabilité et le développement

Hermann Immongault a souligné l’importance stratégique de cette évaluation pour le Gabon. « La qualité de la gouvernance influence directement le développement économique, la stabilité des institutions et la confiance des citoyens dans les pouvoirs publics », a-t-il déclaré lors de l’ouverture des travaux. Pour lui, la lutte contre la corruption dépasse le cadre financier : elle menace la cohésion sociale, freine les investissements et creuse les inégalités.

Le vice-président du Gouvernement a également mis en avant le lien entre transparence et compétitivité économique. « Une gouvernance rigoureuse n’est plus un simple idéal, mais un levier essentiel pour attirer les investisseurs et garantir une croissance inclusive », a-t-il ajouté.

Une dynamique de transformation portée par les plus hautes autorités

Nestor Mbou, président de la Commission nationale de lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite (CNLCEI), a replacé cette mission dans un contexte plus large. « Le Gabon vit une période de profonde refonte institutionnelle, marquée par une volonté politique sans précédent de restaurer la crédibilité de l’État », a-t-il expliqué.

Il a rappelé les orientations définies par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, lors de son discours devant le Parlement le 15 juin. « Avant le 30 août 2023, la corruption endémique, le clientélisme et une gestion opaque des ressources publiques étaient monnaie courante », avait alors souligné le chef de l’État. Aujourd’hui, les priorités sont claires : des institutions fortes, une gouvernance transparente et le respect scrupuleux des droits fondamentaux.

Un exercice de vérité pour renforcer la coopération internationale

Séraphin Ondoumba, point focal national de l’ONUDC, a salué l’esprit de collaboration qui anime cette mission. « Pour le Gabon, cet examen représente une opportunité unique de démontrer son engagement à respecter les normes internationales en matière de lutte contre la corruption », a-t-il déclaré.

Les travaux se concentreront sur deux volets essentiels : les mesures préventives et le recouvrement des avoirs. « Il s’agit d’un moment de vérité, où chaque administration doit s’engager pleinement pour faire progresser la transparence et l’intérêt général », a-t-il insisté.

Trois jours pour tracer la voie de l’amélioration continue

Nestor Mbou a insisté sur la portée de cette évaluation. « Ce n’est pas seulement un contrôle des dispositifs existants, mais aussi une occasion d’identifier les bonnes pratiques, de reconnaître les efforts accomplis et de recevoir des recommandations concrètes », a-t-il précisé.

Les échanges porteront sur l’application effective de la CNUCC, impliquant les juridictions, les autorités indépendantes, les organes de contrôle et la société civile. L’objectif ? Transformer cette mission en un accélérateur de réformes pour moderniser l’État et renforcer son attractivité sur la scène internationale.