Les bus chinois au Sénégal : un investissement bénéfique sous condition
Un député européen socialiste a pris position en faveur d’un projet controversé d’acquisition de bus chinois pour le Sénégal. Selon lui, cette initiative pourrait s’avérer positive, à une condition essentielle : la création d’emplois locaux et le renforcement des compétences de la main-d’œuvre sénégalaise.
Un appel d’offres de plus de 300 millions d’euros sous le feu des projecteurs
Un appel d’offres européen d’envergure, évalué à plus de 300 millions d’euros, vise à fournir des autobus et des infrastructures de transport à Dakar. Cependant, le projet suscite des débats, car l’entreprise candidate retenue serait liée à l’État chinois. Cette dernière a déjà été épinglée pour avoir enfreint les règles de l’Union européenne en matière de subventions étrangères.
La priorité donnée à l’emploi local par le député Bullmann
Udo Bullmann, figure majeure du Parlement européen, a clairement indiqué qu’il soutenait cette initiative à deux conditions : que l’entreprise chinoise embauche massivement des travailleurs sénégalais et forme une main-d’œuvre locale qualifiée. Pour lui, le critère décisif réside dans la création de valeur ajoutée africaine.
Lors d’une déclaration à Bruxelles, il a souligné : « Ce qui compte avant tout, c’est une main-d’œuvre africaine formée selon des normes élevées et une valeur ajoutée locale. »
Un partenariat sino-sénégalais en marche
En juin dernier, lors d’une visite officielle des autorités sénégalaises en Chine, les deux pays ont acté la construction d’une usine d’assemblage d’autobus au Sénégal. Bullmann a tenu à rassurer : « Tant que le soumissionnaire retenu emploie des Sénégalais, je ne vois pas d’obstacle à cette collaboration. »
Il a ajouté : « Je soutiens les investisseurs qui s’engagent en Afrique en formant des travailleurs locaux. Cela fait toute la différence. »
Une vision contrastée des partenariats internationaux
Le député européen a également livré une analyse plus large sur les relations entre l’Afrique et les grandes puissances. Selon lui, l’Europe doit incarner une alternative bienveillante : « Si l’Afrique recherche l’exploitation, elle se tourne vers la Chine. Si elle veut de la répression politique, vers les États-Unis. Pour l’amitié et le respect, c’est vers l’Europe qu’elle doit se tourner. »
Cette prise de position intervient alors que certains responsables européens prônent une préférence pour les entreprises européennes dans les projets financés par l’UE. Bullmann rejette cette approche : « Il faut une règle qui privilégie la production locale. C’est cela, l’essentiel. »
Des économies locales à privilégier, selon Barry Andrews
Barry Andrews, président de la commission du développement du Parlement européen, a également réagi. Il a insisté sur le fait que les autorités sénégalaises devaient choisir l’offre la plus avantageuse pour leur pays. Il a pointé du doigt l’écart de prix entre l’offre chinoise, bien inférieure, et celle du seul concurrent européen, Scania : « En choisissant l’offre chinoise, vous faites payer deux fois plus cher aux Sénégalais. »
