Gabon : l’écotourisme comme levier économique après l’ère pétrolière

DIG / Les autorités gabonaises ont dévoilé, fin juin à Libreville, leur feuille de route pour l’écotourisme et l’artisanat local. L’objectif affiché est ambitieux : réduire la dépendance au pétrole et positionner le pays comme une destination phare du tourisme durable en Afrique.
Le Gabon mise sur ses atouts naturels exceptionnels pour séduire une clientèle exigeante. Avec plus de 88 % de son territoire recouvert par la forêt équatoriale, 800 kilomètres de côtes préservées et 13 parcs nationaux, le pays dispose d’un vivier inégalé.
Des écosystèmes comme celui de Loango ou les paysages luxuriants de l’Ivindo offrent un potentiel touristique d’exception. Par ailleurs, l’engagement environnemental du Gabon, reconnu par ses obligations bleues et vertes, renforce sa crédibilité auprès des investisseurs internationaux.
Des défis majeurs à relever
Le Gabon doit surmonter des obstacles structurels pour concrétiser ses ambitions écotouristiques.
Le premier défi concerne les infrastructures. L’accès aux sites clés comme Lambaréné, Mayumba ou la Lopé reste difficile, notamment en raison de la vétusté du réseau routier intérieur.
Le second défi est économique. Les coûts élevés des vols internationaux, l’absence de liaisons aériennes locales abordables et des tarifs hôteliers souvent prohibitifs limitent l’accessibilité du pays, réservant le Gabon à une clientèle aisée et restreinte.
Enfin, le troisième défi est humain. Développer un tourisme haut de gamme exige des compétences pointues en gestion hôtelière, en accueil et en valorisation de l’artisanat local. Cela nécessite un investissement massif et continu dans la formation professionnelle.
Du projet à la réalisation : l’heure des choix
Le Gabon possède les ressources naturelles et la vision stratégique nécessaires. Il doit désormais passer de la théorie à la pratique en accélérant la mise en œuvre de ses plans.
Pour éviter que cette initiative ne reste lettre morte, l’État doit privilégier l’action concrète plutôt que les annonces médiatiques. Les partenariats public-privé seront déterminants pour financer les infrastructures essentielles et structurer l’offre touristique.
Si le pays parvient à aligner ses actes sur ses ambitions, l’écotourisme pourrait bien devenir le nouveau moteur de croissance pour l’après-pétrole.
