Un navire suspecté d’arborer illégalement le pavillon camerounais a été intercepté fin mai par la Marine française à environ 750 kilomètres à l’ouest de la Bretagne. Le Tagor, parti du port russe de Mourmansk et en route vers Limbé, au Cameroun, a été contrôlé en mer avant d’être redirigé vers un port français.
Cette opération s’inscrit dans le cadre de l’Article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), qui autorise les États à vérifier la nationalité des navires en haute mer. Le pétrolier, désormais sous escorte militaire, est actuellement à l’ancre dans la baie de Douarnenez depuis le 2 juin, dans l’attente des conclusions d’une enquête judiciaire.
Yaoundé dénonce l’usurpation de son pavillon national
Le gouvernement camerounais a réagi avec fermeté à cette affaire. Dans un communiqué diffusé sur les ondes de la radio nationale, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, a confirmé que le Tagor « n’apparaît dans aucun registre officiel des navires autorisés à battre pavillon camerounais ». Il a condamné « avec la plus grande rigueur l’utilisation frauduleuse et abusive des attributs de la nationalité camerounaise » tout en appelant la communauté internationale à « prendre des mesures radicales contre ces pratiques ».
Les autorités de Yaoundé ont également réaffirmé leur engagement à « purger et moderniser » leur registre maritime pour éviter de nouvelles dérives. Cette affaire révèle en effet la fragilité des systèmes d’immatriculation nationaux, souvent exploités par des acteurs malveillants pour contourner les embargos internationaux.
Quatrième interception française en huit mois
Cette saisie s’ajoute à une série d’opérations menées par les autorités maritimes françaises depuis septembre 2025. Selon les experts du secteur, il s’agit de la quatrième interception de ce type en moins d’un an. Après inspection, le dossier a été transmis au parquet de Brest, compétent en matière d’affaires maritimes.
Cette multiplication des contrôles reflète l’intensification des mesures européennes pour traquer les flux pétroliers contournant les sanctions internationales. Les investigations en cours devraient permettre de clarifier les liens entre ce navire et les réseaux de transport maritime opaques, souvent qualifiés de « flotte fantôme ».
