Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a confirmé la fermeture progressive de son antenne au Burkina Faso d’ici la fin novembre 2026. Cette décision, motivée par des tensions récurrentes avec les autorités locales, s’inscrit dans un contexte géopolitique complexe pour la région du Sahel.
Contexte et raisons de la fermeture
La décision intervient après la suspension, il y a trois mois, des activités du bureau onusien par les autorités burkinabè. Cette suspension faisait suite à un communiqué de l’ONU appelant à la préservation de l’espace civique dans le pays. Volker Türk, Haut-Commissaire aux droits de l’homme, a exprimé son regret face à cette situation : « Je déplore vivement la suspension indéfinie de nos opérations au Burkina Faso, ainsi que l’absence de résolution malgré les échanges intensifs avec les autorités. »
Selon lui, cette suspension a eu un impact majeur sur la capacité du bureau à remplir son mandat, justifiant ainsi la fermeture progressive annoncée. Une décision qui pourrait avoir des répercussions sur la surveillance des droits humains dans le pays.
Un engagement maintenu malgré tout
Malgré cette fermeture, le HCDH a réaffirmé son soutien aux autorités, aux institutions nationales, à la société civile et aux autres acteurs locaux pour promouvoir et protéger les droits humains au Burkina Faso. Le bureau, ouvert en octobre 2021, avait pour mission de suivre la situation des droits humains, de plaider en faveur de leur respect et de renforcer les capacités nationales.
Parmi ses actions, près de 4 000 membres des forces de défense et de sécurité ont bénéficié de formations en droit international des droits humains et en droit international humanitaire, contribuant ainsi à une meilleure application des normes internationales.
Les tensions autour de la Cour pénale internationale (CPI)
Cette annonce coïncide avec les démarches entreprises par le Burkina Faso, le Mali et le Niger pour se retirer du traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI). Une décision qui suscite des inquiétudes au niveau international, notamment de la part de la Présidence de l’Assemblée des États Parties au Statut de Rome.
Cette dernière a exprimé sa préoccupation quant à l’impact potentiel de ce retrait : « Une telle décision risque de compromettre la justice internationale et d’affaiblir les efforts mondiaux pour lutter contre l’impunité. » La CPI, pilier du système judiciaire international, voit son efficacité dépendre du soutien constant des États parties.
Bien que les trois pays conservent le droit d’exprimer leurs réserves au sein de l’Assemblée, la Présidence les a appelés à engager un dialogue constructif et à reconsidérer leur retrait. Elle a également rappelé qu’un retrait du Statut de Rome ne libère pas un État des obligations contractées durant la période où il en était partie.
Enfin, la Présidence a salué la contribution passée du Burkina Faso, du Mali et du Niger à la promotion d’une justice internationale indépendante et impartiale.