Faure Gnassingbé défend un partenariat stratégique Europe Afrique pour une croissance commune
Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a marqué de son empreinte le sommet FII PRIORITY Europe, qui s’est tenu du 18 au 20 juin 2026 à Paris. Cette rencontre de haut niveau, centrée sur la réindustrialisation, la résilience des chaînes d’approvisionnement et l’impact de l’intelligence artificielle sur le travail, a été l’occasion pour le dirigeant togolais d’exposer une vision ambitieuse des relations entre les deux continents.
Repenser la coopération Europe Afrique pour des enjeux communs
Dans un discours remarqué, Faure Gnassingbé a insisté sur la nécessité de dépasser les anciens modèles de coopération, jugés inadaptés aux défis actuels. Selon lui, les tensions géopolitiques et la compétition économique mondiale imposent une refonte en profondeur des échanges entre l’Europe et l’Afrique. « Il ne s’agit plus d’envisager des relations fondées sur l’aide ou des schémas traditionnels, mais de bâtir un partenariat stratégique, équilibré et centré sur des intérêts partagés », a-t-il déclaré.
L’autonomie stratégique, clé d’une interdépendance maîtrisée
Le chef de l’État togolais a développé sa conception de l’autonomie stratégique, qu’il présente non comme une fermeture, mais comme une organisation plus efficace des relations économiques. Les crises récentes ont, selon lui, révélé l’importance d’une interdépendance plus sûre, équilibrée et prévisible entre les deux continents. « L’Afrique et l’Europe disposent de complémentarités naturelles qui, si elles sont bien exploitées, peuvent donner naissance à un nouveau modèle de coopération », a-t-il ajouté.
Un partenariat gagnant-gagnant pour les deux continents
Le Premier ministre togolais a mis en lumière les atouts de chaque continent : l’Europe, en quête de partenaires stables pour sécuriser ses approvisionnements et renforcer sa compétitivité, et l’Afrique, qui cherche à attirer des capitaux, des technologies et des infrastructures pour accélérer sa transformation économique. « Ces besoins ne sont pas antagonistes. Ils peuvent, au contraire, se renforcer mutuellement », a-t-il souligné. Pour Faure Gnassingbé, le partenariat euro-africain doit désormais être pensé comme une convergence d’intérêts stratégiques au service des deux rives de la Méditerranée.
Le Togo, hub logistique et industriel en Afrique de l’Ouest
Lors de son intervention, le Président du Conseil a réaffirmé l’ambition du Togo de devenir une plateforme logistique, industrielle et commerciale de premier plan en Afrique de l’Ouest. Cette vision s’appuie sur quatre piliers essentiels :
- La modernisation du port de Lomé, cœur battant de l’économie togolais ;
- Le développement des corridors régionaux pour fluidifier les échanges ;
- La simplification des procédures commerciales pour stimuler le commerce intra-africain ;
- La digitalisation des processus pour gagner en efficacité et en transparence.
Selon lui, ces infrastructures ne profitent pas uniquement au Togo, mais contribuent également à la résilience économique de toute la sous-région, renforçant ainsi le rôle du pays comme acteur clé du développement régional.
Vers une Afrique productrice et innovante
Le dirigeant togolais a également souligné la volonté de l’Afrique de sortir de son rôle de simple fournisseur de matières premières. « Le continent aspire à devenir un espace de production, de transformation et d’innovation, capable de générer davantage de valeur localement », a-t-il affirmé. Une Afrique plus industrialisée et mieux intégrée représenterait, selon lui, une opportunité majeure pour l’Europe et les investisseurs internationaux, ouvrant la voie à des partenariats durables et mutuellement avantageux.
Le Togo mise sur sa visibilité internationale pour attirer les investisseurs
La participation du Togo au sommet FII PRIORITY Europe s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la visibilité du pays auprès des décideurs économiques mondiaux. Cette démarche a pour objectif d’attirer davantage d’investissements, de nouer des partenariats structurants et de consolider la position du Togo comme hub économique régional. Une occasion pour le pays de mettre en avant ses atouts logistiques, industriels et financiers, et de confirmer son rôle d’acteur incontournable en Afrique de l’Ouest.
