Engagement politique des chrétiens au Sénégal : une participation à renforcer
Le Mouvement autonome chrétien pour le développement durable (MAC 20), une structure de la société civile sénégalaise, a pointé du doigt, lors d’un forum organisé à Mbour, une implication insuffisante des fidèles chrétiens dans la sphère politique nationale. Cet événement, qui s’est tenu en présence du ministre des Forces armées, Augustin Tine, visait à encourager une plus grande mobilisation des catholiques en amont des élections législatives de 2017.
Un appel à davantage de leadership chrétien en politique
Sous la présidence d’Emile Daly Diouf, président du MAC 20, les participants ont souligné la nécessité pour les chrétiens de jouer un rôle plus actif et visible au sein des partis politiques. « Bien que minoritaires, nous devons être présents de manière massive et structurée », a-t-il déclaré. L’organisation insiste sur l’absence actuelle d’un leadership chrétien marqué dans les instances décisionnelles, malgré la présence de croyants engagés dans divers mouvements.
« Les chrétiens doivent se donner les moyens d’accéder aux lieux où se prennent les grandes décisions », a-t-il ajouté. Le MAC 20 ne cache pas son intention de soutenir des candidats chrétiens, notamment pour les prochaines échéances électorales, sans pour autant proposer de listes propres. « Notre objectif est d’accompagner des profils compétents, en favorisant leur promotion et leur visibilité », a précisé Emile Daly Diouf.
Une représentation politique en demi-teinte
Hélène Tine, députée chrétienne et figure engagée, a confirmé ce constat lors de ses échanges avec cath.ch. Elle a rappelé que sur les 150 sièges du Parlement sénégalais, seuls trois députés sont chrétiens, dont une femme : elle-même. « Nous sommes des acteurs à part entière de la société et devons contribuer à la gestion des affaires publiques », a-t-elle affirmé, citant l’appel des évêques à s’impliquer davantage.
Elle a également mis en lumière les obstacles rencontrés par les chrétiens sur les listes électorales nationales, souvent placés dans des positions peu propices à leur élection. « La diversité, pilier historique du Sénégal, doit être mieux représentée, tant au sein des partis que dans les assemblées », a-t-elle conclu. Pour elle, les efforts doivent venir à la fois de la communauté chrétienne et des formations politiques afin d’encourager une participation équilibrée.
