Église catholique de RDC : un appel solennel pour préserver la constitution

RDC : l’Église catholique alerte sur les dangers d’une révision constitutionnelle

Dans un communiqué d’une fermeté rare, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) tire la sonnette d’alarme face aux projets de modification de la constitution congolaise. Le secrétaire général de l’institution, Mgr Donatien Nshole, dénonce ouvertement les intentions de révision qui, selon lui, menacent les fondements mêmes de la République.

Un rempart contre la dictature en péril

L’article 220 de la constitution, qui verrouille notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels, constitue selon la Cenco « le dernier rempart contre l’instauration d’un régime autoritaire et la confiscation de l’État par un individu ». Mgr Nshole rappelle que cet équilibre fragile a été obtenu après des décennies de crises politiques et sociales, au prix de nombreux sacrifices.

« Toucher à ces dispositions reviendrait à offrir un nouveau cycle de mandat à l’actuel président, ce qui constituerait une violation flagrante de l’esprit républicain », déclare-t-il lors d’une conférence de presse tenue à Kinshasa. La Cenco pointe du doigt la récente loi sur le référendum, présentée comme une solution pour combler un vide juridique, mais qu’elle qualifie de « cheval de Troie constitutionnel ».

Risques de balkanisation et de guerre civile

L’institution religieuse ne se contente pas de critiquer la méthode : elle met en garde contre les conséquences catastrophiques d’un tel projet. « Les risques encourus sont immenses : balkanisation du pays et déclenchement d’une nouvelle guerre civile », alerte Mgr Nshole. Il souligne que les tensions politiques actuelles, déjà exacerbées par des clivages ethniques et tribaux, pourraient s’envenimer dangereusement si la constitution était modifiée par la force.

La Cenco rappelle que la priorité absolue pour la RD Congo reste « la paix, la stabilité et la cohésion nationale ». Pour l’Église, il n’existe « ni nécessité, ni urgence, ni opportunité » à engager une telle réforme.

Un appel à l’unité nationale

Face à ce qu’elle considère comme une menace existentielle, la Cenco appelle l’ensemble des forces vives du pays à se mobiliser pour préserver la loi fondamentale. « Le pacte républicain qui unit les Congolais est plus précieux que tout mandat présidentiel », insiste Mgr Nshole. L’institution religieuse se positionne ainsi comme un acteur clé dans le débat constitutionnel, avec une légitimité morale renforcée par son rôle historique dans les processus de paix.

Cette prise de position intervient dans un contexte où les tensions autour du débat constitutionnel s’intensifient, avec des manifestations et des contre-manifestations qui se multiplient dans plusieurs provinces du pays. La Cenco, par la voix de son secrétaire général, réaffirme sa détermination à défendre l’intégrité de la constitution, au nom de l’intérêt supérieur de la nation.