Diplomatie mondiale : escalade des tensions et retraits stratégiques

ONU : une rare confrontation franco-américaine secoue le Conseil de sécurité. Une scène inhabituelle s’est déroulée au Conseil de sécurité de l’ONU ce lundi, lorsque la délégation des États-Unis a quitté la salle en signe de protestation. L’incident a éclaté après que l’ambassadeur français ait pris la parole, dénonçant ce qu’il a qualifié de commentaires «hypocrites» de la part de la France. Paris avait vivement critiqué Washington, le comparant à des nations comme la Corée du Nord et la Russie, suite à un vote crucial sur les droits humains. Rappelons que les États-Unis figuraient parmi les dix pays ayant voté, vendredi à l’Assemblée générale, contre le renouvellement du mandat de quatre ans du haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk. La mission française auprès des Nations unies à Genève avait alors réagi sur X, déclarant que les États-Unis, autrefois un modèle en matière de droits humains, se retrouvaient désormais «isolés», aux côtés de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Mali et de la Russie, le monde ne les écoutant plus. Un responsable proche du dossier a confié que la délégation américaine avait été prise de court par cette attaque publique «frontale» de la France, un événement qui marque un rare moment de discorde ouverte au sein du Conseil.

La Roumanie expulse un diplomate russe après des incursions de drones. Bucarest a annoncé lundi l’expulsion d’un membre de l’ambassade de Russie, déclaré «indésirable» et sommé de quitter le territoire roumain sous cinq jours. L’ambassadeur russe en Roumanie, Vladimir Lipaev, a été notifié de cette décision. Cette mesure intervient après une série d’incursions de drones sur le territoire roumain. Lundi, des fragments d’un drone de type Shahed, habituellement utilisé par l’armée russe en Ukraine et abattu par un chasseur F-16 roumain, ont été présentés à l’ambassadeur. La Roumanie a intercepté trois drones au cours des trois derniers jours de la semaine passée, et une nouvelle incursion a été signalée ce lundi. Le ministère des Affaires étrangères russe a «catégoriquement rejeté ces accusations infondées», les qualifiant de «nouvelle mise en scène propagandiste», et a prévenu que «l’expulsion sans fondement d’un diplomate russe ne restera pas sans réponse».

L’Arabie saoudite cible d’attaques de drones depuis l’Irak. Alors que la région connaissait une accalmie de trois jours entre les États-Unis et l’Iran, le ministère de la Défense saoudien a rapporté que «des milices terroristes soutenues par l’Iran» avaient visé le royaume avec des drones. Aucune revendication n’a été émise par des groupes basés en Irak. Parallèlement, les rebelles houthistes pro-iraniens du Yémen ont affirmé lundi avoir ciblé des installations pétrolières saoudiennes, une allégation que Riyad n’a pas confirmée. L’Arabie saoudite, qui soutient le gouvernement yéménite, et les houthistes ont repris les hostilités le 13 juillet, mettant fin à une trêve de quatre ans. Le 20 juillet, les rebelles yéménites avaient annoncé leur intention de bloquer le trafic maritime en mer Rouge et dans le golfe d’Aden pour les navires à destination ou en provenance de l’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole brut. Les actions des houthistes visent à soutenir leur allié principal, l’Iran, et à contraindre l’Arabie saoudite et la communauté internationale à faire des concessions politiques au Yémen. Des inquiétudes grandissent quant à une possible intensification du conflit dans ce pays.

Le Tchad annonce son retrait de la Cour pénale internationale. N’Djamena a officialisé lundi sa décision de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), justifiant cette démarche par une focalisation excessive de la Cour sur les nations africaines. Le gouvernement tchadien a souligné que sur les 13 enquêtes ouvertes par la CPI depuis sa création, neuf «concernent des États africains, contre seulement quatre dans d’autres régions du monde». Cette décision semble avoir été influencée par les États-Unis. Un haut responsable américain, Frank Garcia, sous-secrétaire d’État aux Affaires africaines, aurait en effet exhorté le Tchad à reconsidérer son adhésion à la CPI lors d’un entretien téléphonique avec le chef de la diplomatie tchadienne la semaine dernière. Washington a lancé une offensive diplomatique majeure contre la CPI à la mi-juillet, qualifiant l’institution de «menace» pour les Américains, promettant de nouvelles sanctions et encourageant ses partenaires à se retirer.