Diomaye Faye à l’épreuve de la recomposition politique

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Diomaye Faye à l’épreuve de la recomposition politique

Georges Ibrahim Tounkara
27 juillet 2026

Nouveau parti, nouvelles ambitions, mais aussi nouveaux défis. Avec la création de KIIRAAY, Bassirou Diomaye Faye cherche à élargir sa base politique.

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Frankreich Paris 2025 | Senegals Präsident Bassirou Diomaye Faye beim Unternehmertreffen La REF

Le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement lancé, à Dakar, sa nouvelle formation politique baptisée « KIIRAAY – Les Patriotes Républicains ».

Élargir son assise politique dans la perspective des échéances électorales à venir et du bras de fer qui pourrait continuer de l’opposer à son ancien parti, le PASTEF, dirigé par son ex-Premier ministre Ousmane Sonko : ce sont là des défis auxquels Bassirou Diomaye Faye devra faire face. 

Pour y parvenir, le président sénégalais et sa nouvelle formation politique se présentent comme les défenseurs de tous les Sénégalais et des institutions et de la République.

Mais, pour Pape Ibrahima Kane, chercheur sénégalais, la tache s’annonce difficile pour le président Diomaye Faye. « C’est créer un parti capable de le porter au pouvoir un jour en si peu de temps. D’ici 2029 c’est trois ans. Est-ce qu’il aura les moyens politiques pour mettre en place des structures dans les plus petits villages du Sénégal ? », se demande l’expert. 

« Actuellement ceux qui ce sont réunis l’autre jour c’est un ensemble de maires, des gens qui ont demissionné d’un peu partout. Troisième défi ça ne sert à rien de se separer de son mentor et mettre en place un parti politique si on ne satisfait pas les besoins des Sénégalais. »

Sénégal, Mbour, 2024 | Rassemblement électoral de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko

Déjà des défections au PASTEF d’Ousmane Sonko

Le nouveau parti devra par ailleurs convaincre les jeunes électeurs, qui avaient massivement soutenu le PASTEF d’Ousmane Sonko lors des dernières élections.

Cependant, plusieurs responsables et militants du PASTEF ont récemment annoncé leur démission afin de rejoindre le camp présidentiel. Mais, au PASTEF, on se veut serein.

« Nous sommes un parti qui a toujours vecu sous la menace de quelque chose, d’un adversaire, depuis la création. Pour nous, ce qui semble être une menace est une opportunité politique. Il y a des demissions mais aussi des milliers et des milliers d’adhésions. Il y a eu des fronts plus coriaces et cela ne nous a pas empêchés de renverser le systéme , de gagner l’élection présidentielle au premier tour puis les élections législatives », dit Ansoumana Sambou, membre du Secrétariat national à la communication du PASTEF.

« C’est créer un parti capable de le porter au pouvoir en si peu de temps », Ibrahima Kane (Chercheur)

Les réligieux courtisés

Le terrain religieux pourrait également devenir un espace de confrontation politique. À quelques jours du Grand Magal 2026, le président Bassirou Diomaye Faye était ce dimanche dans la ville sainte de Touba où il s’est entenu avec les guides religieux.

« Le terrain religieux a toujours été un terrain de prédilection pour la lutte politique. Les grands marabouts restent toujours influents. Il est venu discuter avec les grands marabouts et il a décidé de renforcer la protection de la ville contre les inondations. Il est vraiment dans une demarche politique maintenant », estime le chercheur Pape Ibrahima Kane. 

Après l’assemblée générale constitutive, place désormais au premier congrès de la nouvelle formation politique, programmé après la saison des pluies.

Le premier test électoral pour le nouveau parti sera les élections locales de début 2027. Des élections qui pourraient être couplées à des législatives anticipées selon un interlocuteur joint par la DW.