La grave crise politique qui secoue actuellement le Niger, couplée à la menace d’une intervention militaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) planant sur les putschistes nigériens, suscite une vive inquiétude au sein du parti béninois « Les Démocrates ». Dans un communiqué de presse diffusé le samedi 05 août 2023, le président de cette formation d’opposition, Eric Houndété, a souligné que le coup d’État militaire au Niger plongeait ce pays voisin du Bénin dans une « situation délicate, attirant par la même occasion tous les opportunistes malveillants habitués à tirer profit de ce type de crises ».
Le parti Les Démocrates a, par ailleurs, affirmé « condamner toute prise de pouvoir par la force, quelle qu’en soit la forme, et déplorer la résurgence ainsi que la prolifération des coups d’État en Afrique de l’Ouest ». Selon le Chef de file de l’opposition béninoise, « ces événements se produisent principalement dans des contextes politiques et socio-économiques marqués par l’injustice, les restrictions de liberté, l’exploitation des populations, l’accaparement des richesses collectives par une élite, les brimades systématiques, la confiscation des institutions, l’entrave à l’expression de la volonté populaire, l’exclusion et les manipulations des Constitutions et des processus électoraux ».
Malgré cette analyse, Les Démocrates ont exhorté les États membres de la CEDEAO à privilégier la diplomatie et, surtout, le dialogue, considérés comme les outils fondamentaux de gestion des conflits, respectueux des diverses valeurs et cultures de la région. Le parti a également insisté sur la nécessité de promouvoir la prévention en combattant avec fermeté et sincérité, partout dans l’espace CEDEAO, les coups d’État constitutionnels, la mauvaise gouvernance et l’exclusion. La formation politique dirigée par le député Eric Houndété a, en outre, soulevé des interrogations quant aux « fondements juridiques d’une déclaration de guerre à un État membre de notre communauté économique » et aux « mécanismes par lesquels le Gouvernement entendrait obtenir l’autorisation du Parlement pour engager nos enfants, nos frères, nos compatriotes dans un conflit armé contre un pays voisin ».
Dans cette optique, « le parti s’interroge sur le financement de l’effort de guerre ». Pour Eric Houndété, plutôt que d’inciter les chefs d’État à « s’engager sur la voie hasardeuse, périlleuse et imprudente de la force », son parti invite le gouvernement béninois à « devenir le porte-voix du dialogue, de la négociation, de la réconciliation et de l’entente ». Une démarche qui, selon lui, est le « gage de paix pour la République sœur du Niger et de sauvegarde des intérêts communs à nos deux peuples et à nos deux États ». C’est pourquoi « Les Démocrates » réitèrent leur proposition de dialogue politique national, qu’ils considèrent comme un levier essentiel pour la promotion de la paix et le développement du Bénin.
