Cajou : les usines ivoiriennes sécurisent leur approvisionnement grâce à un dispositif innovant

Un partenariat historique pour booster la transformation locale du cajou

Avec près de 100 000 tonnes de noix brutes transformées annuellement, le Groupement des transformateurs de cajou ivoiriens (GTCI) représente un acteur clé du secteur agroalimentaire en Côte d’Ivoire. Les professionnels du groupement ont récemment célébré la signature, le 11 juin 2026, d’une convention de financement inédite entre la Banque nationale d’investissement (BNI), le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) et les transformateurs nationaux. Cette initiative marque une étape décisive pour sécuriser l’approvisionnement des usines et renforcer l’industrialisation de la filière.

Une mobilisation collective pour dynamiser la filière

Dans une lettre ouverte adressée aux plus hautes autorités ivoiriennes, dont le Premier ministre Robert Beugré Mambé et plusieurs membres du gouvernement, le GTCI, représenté par son président Denis Kouadio, a exprimé sa profonde reconnaissance. Ce dispositif innovant, fruit d’une collaboration entre les acteurs publics et privés, facilite l’accès au financement pour les transformateurs, leur permettant ainsi de couvrir les coûts d’achat des noix brutes et de transformation sur l’ensemble de l’année.

Les opérateurs nationaux, confrontés à des défis majeurs comme l’acquisition de volumes importants de noix brutes en période de commercialisation, voient désormais leurs besoins financiers partiellement pris en charge. Grâce à ce mécanisme, les transformateurs peuvent se concentrer sur l’optimisation de leurs rendements et le développement de leur activité industrielle.

Un financement structuré pour une filière plus compétitive

Concrètement, le dispositif repose sur deux volets complémentaires. Le CCA garantit, en début de saison, la fourniture de 20 % des besoins en noix brutes des transformateurs. Parallèlement, la BNI prend en charge le financement des 80 % restants, tout en assurant les fonds de roulement nécessaires aux opérations industrielles et à l’exportation. Cette synergie entre institutions publiques et acteurs privés permet de sécuriser les approvisionnements et de stabiliser la production.

Denis Kouadio a également salué l’engagement des hauts responsables ayant permis la concrétisation de ce projet. Parmi eux figurent le Vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara, le ministre du Commerce et de l’Industrie Khalil Konaté, le ministre de l’Économie et des Finances Adama Coulibaly, ainsi que les dirigeants du CCA et de la BNI. Leur action conjointe a abouti à la création d’un mécanisme de financement pérenne, essentiel pour soutenir les investisseurs locaux dans la transformation du cajou.

Vers une extension du modèle à d’autres filières ?

Le succès de ce programme, conçu pour favoriser l’émergence de champions nationaux dans la transformation du cajou, pourrait inspirer d’autres secteurs. Une étude est actuellement en cours pour adapter ce modèle au cacao, avec pour objectif d’offrir aux transformateurs locaux un cadre financier similaire et de renforcer davantage la valeur ajoutée sur le territoire ivoirien.

Côte d’Ivoire : un leader mondial en pleine mutation

Premier producteur mondial de noix brutes de cajou, avec une production annuelle estimée à 1,5 million de tonnes, la Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui d’un tissu industriel en pleine expansion. Ses 37 usines de transformation, d’une capacité totale de plus de 830 000 tonnes, lui permettent de se positionner comme le deuxième exportateur mondial d’amandes de cajou. Avec un taux de transformation locale de 43 %, le pays ambitionne désormais de franchir un cap supplémentaire en augmentant cette proportion, afin de capter davantage de valeur ajoutée et de générer davantage d’emplois sur son sol.

Après avoir consolidé sa position de leader en production brute, la Côte d’Ivoire s’engage résolument dans une stratégie d’industrialisation accrue. En sécurisant l’approvisionnement de ses usines et en soutenant financièrement les transformateurs, le pays franchit une nouvelle étape vers une économie plus résiliente et compétitive.