amadou ba insiste sur le dialogue et le consensus pour un Sénégal stable

Lors d’un entretien au Palais de la République, l’ancien Premier ministre Amadou Ba a plaidé pour un renforcement du dialogue politique et une consolidation de la crédibilité économique du Sénégal, à l’issue d’un échange avec le président Bassirou Diomaye Faye.
Reçu parmi les anciens chefs de gouvernement consultés par le chef de l’État dans le cadre du Dialogue national, Amadou Ba a salué une initiative qu’il qualifie de « cruciale » pour l’avenir du pays. Il a mis en avant la nécessité de débats approfondis pour aborder les défis majeurs auxquels le Sénégal fait face.
L’ancien ministre des Finances a détaillé les sujets abordés lors de cette audience, notamment les réformes institutionnelles, les enjeux économiques et les tensions sécuritaires qui secouent le pays. Il a également souligné l’importance de poursuivre les discussions autour des réformes électorales pour renforcer les consensus.
« Le Sénégal a besoin de consensus, le Sénégal a besoin de dialogue », a-t-il martelé, précisant que ses propositions s’inscrivaient « non pas au nom de l’opposition, mais dans l’intérêt général ».
Sur le plan économique, Amadou Ba a exprimé ses inquiétudes face à la conjoncture actuelle et aux répercussions du contexte international sur l’économie sénégalaise. Il a alerté sur les conséquences des dégradations successives des notations financières du pays, qui alourdissent le coût des emprunts et limitent la marge de manœuvre de l’État.
L’ancien chef du gouvernement a rappelé que, pendant son mandat au ministère des Finances, le Sénégal n’a pas bénéficié de programme de financement avec le Fonds monétaire international pendant six ans. « J’ai rappelé au président de la République que moi-même, en tant que ministre des Finances, je suis resté six ans sans recevoir un seul franc du FMI. Le Sénégal est resté douze ans sans avoir un programme avec des décaissements », a-t-il témoigné.
Bien que le Sénégal ait su préserver sa crédibilité auprès des partenaires financiers internationaux malgré cette période difficile, Amadou Ba a souligné que la situation actuelle exige des compromis pour garantir les ressources nécessaires au financement et aux investissements du pays.
Les échanges ont également porté sur les questions sécuritaires dans un contexte sous-régional marqué par des tensions persistantes. L’ancien Premier ministre a insisté sur l’importance d’un dialogue élargi et d’un soutien renforcé aux forces de défense et de sécurité.
Enfin, il a réaffirmé sa position politique tout en appelant à une approche apaisée pour les questions d’intérêt national. « Je suis dans l’opposition et j’y reste. Mais certaines questions transcendent les clivages politiques. Il faut travailler de manière apaisée dans l’intérêt du pays », a-t-il conclu.
