Dans une déclaration diffusée sur les réseaux sociaux, Aldiouma Sow, membre influent du Bureau politique national (BPN) de Pastef les Patriotes, a pris la parole pour soutenir les cadres du parti ayant accepté l’invitation au dialogue du président de la République, Bassirou Diomaye Faye. Cette intervention survient dans un contexte de vives tensions politiques au Sénégal, marqué par la rupture entre le chef de l’État et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko.
Pour Aldiouma Sow, l’ouverture au dialogue initiée par le président Faye ne relève pas d’une stratégie ponctuelle, mais d’une conviction profonde et constante, héritée de son appel au dialogue national de mai 2025. Il a insisté sur le fait que le dialogue n’est pas une simple « variable d’ajustement conjoncturelle » pour le président. Il a également mis en lumière l’engagement du chef de l’État, qui a consacré « des jours entiers à dialoguer », alors même qu’aucune contrainte constitutionnelle, éthique ou morale ne l’y obligeait.
Profitant de cette prise de parole, Aldiouma Sow a catégoriquement réfuté une rumeur persistante : celle d’un prétendu pacte secret conclu à la prison du Cap Manuel avant la libération de Diomaye Faye. Il a affirmé avec force que « le candidat Bassirou Diomaye Faye n’a jamais conclu de pacte secret à la prison du Cap Manuel », contredisant les récentes assertions d’Ousmane Sonko sur l’existence d’un tel accord. À l’inverse, il a suggéré que d’autres candidats auraient, dans ce même lieu de détention, juré « la main sur le Coran » de céder le pouvoir à Sonko dès leur accession à la présidence.
Le membre du BPN a approfondi sa critique envers ce qu’il qualifie de « messianisme destructeur », qu’il identifie comme une dérive menaçant la pérennité du parti depuis 2022. Il a évoqué, entre autres, les investitures des législatives de cette année-là, où des cadres historiques de Pastef auraient été marginalisés au profit d’alliés de dernière minute, ainsi que les élections locales de la même période. Il a averti qu’une répétition de ce « schéma » lors des prochaines échéances législatives et locales conduirait à la « mort politique de la base de Pastef », exhortant les coordinateurs à « refuser ce diktat messianique ».
S’adressant directement aux ministres ayant maintenu leurs fonctions exécutives malgré les pressions internes, Sow a exprimé une position ferme : « Soyez fiers de votre décision. On pourra vous bannir des groupes WhatsApp et Telegram, vous exclure ou vous suspendre des instances nationales du Parti, mais personne ne pourra jamais, politiquement parlant, vous arracher au projet patriotique. »
En guise de conclusion, il a tendu la main aux membres indécis, les invitant à se détourner de la mouvance sonkiste avant qu’il ne soit trop tard. Il a lancé un appel aux « autres frères et sœurs, cadres, députés qui seraient encore tentés par le messianisme destructeur », leur assurant qu’ils ne « perdent encore rien en changeant d’avis ».
